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Accueil: Groupes de travail: Diversité culturelle et la mondalisation: Sommaire
Groupes de travail

Sommaire

Répertoire pilote des politiques culturelles nationales et des mesures appuyant la diversité culturelle1

Septembre 2001
Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation

Le Groupe de Travail a amorcé un projet pilote afin de mieux cerner les défis auxquels sont confrontés les gouvernements nationaux dans le cadre de la promotion et de l'intégration de la diversité culturelle. Ce projet dresse l'inventaire des politiques et des mesures en vigueur dans chaque pays. Cinq pays ont participé à cette étape pilote, soit le Canada, la Hongrie, le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Suède. Un nombre restreint de pays ont été choisis pour cette étape d’essai de manière à prévoir assez de temps pour l’évaluation de la faisabilité de l’approche retenue pour la Phase deux de l’étude et pour le peaufinage de celle-ci.

Les réponses au questionnaire du projet pilote qui sont à la base du présent rapport ont été rédigées par des spécialistes de cinq pays et ne reflètent pas nécessairement la position officielle des États membres. L’analyse et la synthèse des réponses de chaque pays ont été réalisées par l’institut de recherche sur la politique culturelle ERICarts, en vertu d’un contrat conclu avec le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondalisation.

Politique culturelle et diversité culturelle : Avantages et inconvénients

Il se dégage de l’étude une rhétorique claire et intéressante qui est commune aux différents pays :

  1. Les gouvernements doivent en priorité préserver et promouvoir une identité et des valeurs nationales prédéfinies
  2. Les gouvernements doivent déployer des efforts supplémentaires et plus soutenus pour favoriser la cohésion sociale à l’intérieur des frontières nationales
  3. La diversité culturelle, dans le contexte de l’établissement de politiques culturelles, est un outil permettant de mettre en équilibre la culture locale et les influences de la mondialisation et de la commercialisation

Ces points de vue communs ne signifient pas nécessairement qu’il existe une approche uniforme à l’égard de la mise en oeuvre ou de l’interprétation des principes de la diversité culturelle à l’intérieur de cadres et de structures de politique culturelle. Selon les rapports des pays, il n’est guère permis de conclure que les principes de la diversité culturelle sont mis en oeuvre dans leur intégralité. Les ressources accordées aux diverses initiatives en la matière sont en effet peu élevées comparativement à celles qui sont allouées aux autres types d’activités, et les pays ont convenu qu’il importait d’adopter une méthode visant à uniformiser les règles du jeu.

Le projet pilote révèle que la diversité culturelle, en tant qu’élément de la politique culturelle, et les pratiques à cet égard prennent diverses formes. On a d’abord constaté une augmentation des facteurs suivants :

  • L’utilisation par les organes directeurs de la diversité culturelle en tant qu’instrument dans le contexte de la « cohésion sociale »
  • Le nombre de programmes et d’activités visant la préservation de l’identité et des valeurs culturelles nationales au moyen d’émissions de radio et de télévision et de programmes plus généraux d’instruction civique
  • Les efforts déployés par les décideurs pour définir des groupes différenciés (Noirs, femmes, personnes handicapées, etc.), assortis de mesures ciblées de soutien direct aux membres de ces groupes
  • Les activités destinées à protéger et à promouvoir le patrimoine culturel tangible et intangible, dont les mesures visant à accroître l’usage des langues officielles risquant de perdre du terrain sur le paysage linguistique mondial
  • Le recours aux festivals comme solution de rechange pour la diffusion de produits culturels autochtones et contemporains qui ne sont pas reconnus par les régimes de financement officiels
  • Le fait de compter sur les employés en place pour le respect des principes de la diversité culturelle au lieu d’orientations stratégiques claires

Les rapports indiquaient que des progrès minimes ont été enregistrés en développement des politiques culturelles et qu’il n’y a guère :

  • De plans en vue de grandes réformes des institutions reposant sur le principe de la diversité culturelle
  • De mesures de soutien ou de possibilités de financement pour les petites et moyennes entreprises oeuvrant dans le domaine des arts et des médias
  • D’ONG se faisant le chien de garde de l’application des notions de diversité dans les politiques et les programmes se rapportant à la culture et aux médias
  • De programmes pour la culture et les médias financés par les gouvernements qui reflètent les besoins des communautés culturelles et ethniques
  • D’objectifs quantitatifs pour accroître le nombre de personnes issues de différents groupes parmi les décideurs – le « laissez-faire » domine, pendant que les gouvernements comptent de plus en plus sur leur personnel pour assurer la diversité dans la prise de décision
  • De ressources publiques et privées à investir dans des projets d’inspiration communautaire et les entreprises lancées en vue de l’aplanissement des barrières commerciales se dressant devant différents groupes
  • De programmes visant expressément à redistribuer les ressources également entre tous les groupes de la société
  • D’activités ou de programmes (y compris des échanges) permettant aux jeunes de pleinement goûter la diversité culturelle à l’intérieur de leurs propres frontières nationales ou les autres cultures dans le monde

Dans le but de rendre équitables les règles du jeu et de trouver des solutions aux défis permanents, un débat s’est amorcé au sujet de l’application du principe de la diversité culturelle dans l’établissement des politiques. La grande question qui se pose ici est la suivante :

  1. Créer des institutions, des programmes, des événements ou des mécanismes de financement spécialisés afin d’appuyer les groupes qui sont exclus du courant majoritaire – tout en étant conscient que la réforme institutionnelle prend du temps
  2. Utiliser l’« inclusion dans le courant majoritaire » en tant que notion stratégique pour l’intégration systématique des groupes isolés au coeur de l’établissement des politiques et des pratiques de la société

Tendances générales

Plusieurs tendances sociétales ont été relevées, qui ne trouvent généralement pas de points communs ou de points de convergence dans l’appellation « diversité culturelle » en tant que volet ou élément de l’établissement de politiques. Figure ci-après une liste préliminaire d’observations ou de tendances relevées dans les rapports des pays aux fins du projet pilote. Ces éléments ne devraient toutefois pas être considérés comme les seuls en fonction desquels l’on peut établir des indicateurs au niveau international.

L’absence d’une expression diversifiée dans les marchés concurrentiels pour les produits et services culturels a engendré deux options stratégiques fondamentales contre la concentration de la propriété et le contrôle de la production et des marchés culturels par une poignée d’entreprises, soit les mesures de soutien directes et indirectes. Si les mesures directes nécessitent une politique dynamique en matière de culture et de médias, les mesures indirectes supposent une coopération et des liens avec d’autres secteurs stratégiques, dont des programmes de développement économique ou de développement régional. Dans les marchés en voie de mondialisation, les mesures de soutien en faveur des producteurs de contenu national et leurs productions sont parfois considérées comme protectionnistes par les concurrents multinationaux. Les gouvernements de certains pays ont essayé d’intervenir pour faire échec à ce type de déséquilibres. Ces mesures visaient essentiellement à préserver l’identité nationale et la diversité culturelle (y compris linguistique) au sein de leurs propres marchés face à la mondialisation. Les efforts à cet égard étaient surtout axés sur le secteur audiovisuel et les médias.

On a également parlé d’une augmentation marquée de la concentration d’organes de presse entre les mains de quelques sociétés multinationales qui contrôlent les processus de production culturelle dans des pays aux quatre coins du monde. Le contenu étranger dans le paysage audiovisuel national a également augmenté (essentiellemenmt dans les domaines du cinéma, de la télévision et de l’enregistrement sonore). Ces tendances, ensemble, ont eu une incidence directe sur les cadres stratégiques en matière culturelle, certes, mais aussi sur les débats plus généraux relatifs au commerce qui se tiennent aux échelons régional et mondial.

Les politiques linguistiques sont ancrées dans des événements politiques passés et connaissent aujourd’hui toutes sortes de défis. L’usage au quotidien ou à domicile de langues qui ne sont pas reconnues comme des langues officielles ou des langues de minorités nationales s’accroît en fonction des vagues d’immigration. Des communautés culturelles définies par la langue qu’elles utilisent et par des valeurs communes (il pourrait s’agir d’une métropole ou d’une région limitrophe) voient le jour, ce qui suscite des questions à l’égard des façons traditionnelles de définir les territoires (p. ex. les frontières politiques). Des gouvernements se sont toutefois employés récemment à élaborer des programmes visant la revitalisation ou la lutte contre la disparition des langues autochtones.

On a noté une augmentation marquée de l’immigration parmi différents types d’immigrants, allant des réfugiés (immigrants transitoires) aux demandeurs d’asile en passant par les immigrants qui sont naturalisés. Même si les traditions en matière d’immigration des pays ayant répondu à l’enquête diffèrent grandement, tous ont des politiques spécifiques dotées d’objectifs et de restrictions régissant les vagues d’immigration et influençant le développement de communautés définies selon l’ethnie; ces politiques s’inspirent toutefois du développement économique, au lieu du développement culturel. Il existe quelques programmes pour aider les immigrants à s’adapter à la vie de leur nouveau pays, qui vont des politiques d’établissement aux émissions de radio et de télévision diffusées dans la langue maternelle des principaux groupes d’immigrants. On a aussi indiqué une montée de l’intolérance chez les « citoyens et citoyennes » à l’égard des « étrangers » et des « autres ». Les politiques gouvernementales dans ces domaines donnent le ton quant aux attitudes et aux comportements à adopter envers les autres, les étrangers, les minorités, l’unité ou la fierté nationale. Les notions et approches gouvernementales à l’égard des immigrants ont une incidence sur l’élaboration de mesures et de programmes stratégiques en vue de la compréhension globale du domaine culturel pouvant inclure l’éducation, la langue, les émissions de radio et de télévision, etc.

Dans le contexte de cadre global des droits de la personne, l’on dispose de quelques indicateurs pour évaluer le respect de ces droits, en général, et leur application dans les programmes et les activités des institutions culturelles et médiatiques nationales, plus particulièrement. En fait, les discussions ou débats publics sur la Déclaration universelle des droits de l’homme sont davantage l’apanage de groupes spécialisés d’avocats, de politologues et de chercheurs de différentes disciplines et n’ont pas été élargis de manière à réunir dans le même cadre la politique culturelle et les droits de la personne.

Conclusions

Le projet pilote a conclu qu’une analyse plus approfondie, par la poursuite des travaux menés dans l’étude comparative, s’impose afin de bien comprendre les tendances générales. L’analyse pourrait être menée au moyen d’un questionnaire légèrement amélioré et de l’ajout de 5 pays établis sur différents continents. L’ajout de pays d’Asie ou d’Amérique du Sud, par exemple, apporterait d’autres points de vue, ce qui pourrait profiter grandement à d’autres démarches et mener à une meilleure compréhension des tendances et des instruments généraux de diversité culturelle dans le processus d’établissement des politiques culturelles. De plus, une évaluation des résultats d’exercices comparatifs du même genre au plan régional et international comme, par exemple, le projet sur la diversité culturelle du Conseil de l’Europe, pourrait être utile.

Rapport de la réunion du Groupe de travail à Oslo

Les membres du Groupe de travail ont accepté d'étudier une fois de plus le projet pilote d'ERICarts qui porte sur les cadres nationaux de politique culturelle. Les participants à l'étude conviennent que, même si on a besoin de ce genre d'information, le Groupe de travail n'est peut-être pas le mieux placé pour poursuivre cette recherche exhaustive d'envergure. Les grands projets de recherche qui doivent être financés par plusieurs pays peuvent être difficiles et prendre beaucoup de temps à réaliser pour un petit groupe informel ayant peu de ressources, comme le Groupe de travail. On laisse entendre que l'UNESCO ou d'autres organismes régionaux seraient mieux placés pour s'occuper de ce projet. Les pays participants formuleront leurs commentaires finaux avant la prochaine réunion du Groupe de travail, lorsque le projet pilote sera terminé.

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