INCP - RIPC Réseau international sur la politique culturelle
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Accueil: Groupes de travail: Diversité culturelle et la mondalisation: Rapport
Working Groups

Compte rendu de la troisième réunion du Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation

Tenue à Paris, les 8 et 9 décembre 2000

Présentation

Le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC) a tenu sa troisième réunion à Paris, les 8 et 9 décembre dernier, afin de donner suite au mandat que lui avaient confié les ministres à Santorin, en septembre 2000. Les représentants de quinze pays et de l'UNESCO ainsi que des experts invités ont participé à cette réunion présidée par Vladimir Skok, du Canada.

La réunion visait à obtenir l'accord des participants au sujet du programme d'action de 2000-2001, à la suite du mandat renouvelé du Groupe de travail produit par les ministres lors de leur Troisième Réunion ministérielle annuelle, tenue à Santorin.

Programme d'action de 2000-2001

Le Groupe de travail entame la réunion en discutant de son programme d'action pour l'année à venir, distribué d'avance par le président. Ce programme s'articule autour de trois thèmes : 1) l'instrument international sur la diversité culturelle, 2) les cadres nationaux actuels de politique culturelle et 3) l'intégration de la diversité culturelle. Le programme est accepté avec quelques modifications mineures en ce qui a trait au calendrier et aux lieux des rencontres (voir l'annexe 1). Les participants conviennent que la tâche prioritaire du groupe de travail jusqu'à la réunion ministérielle de 2001 à Lucerne, en Suisse, réside dans l'élaboration de fondements solides pour un instrument reflétant les enjeux de politique culturelle.

Intégration de la diversité culturelle : présenté par M. Bernard Wicht, de Suisse

Objectif : Déterminer comment les membres du Réseau peuvent mieux intégrer la sécurité des personnes, la cohésion sociale et l'identité à titre d'éléments importants de la gestion de la diversité culturelle et du renforcement des capacités.

M. Wicht parle des différentes institutions culturelles, comme l'UNESCO, la Francophonie et le Conseil de l'Europe, où l'on discute actuellement d'un ensemble de notions relatives à la gestion de la diversité culturelle. Des membres du Groupe de travail font état des travaux que le G?8 et l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) effectuent aussi dans ce dossier. M. Wicht présente plusieurs notions différentes de la gestion de la diversité culturelle que le Groupe de travail devrait examiner plus en profondeur au cours de l'année à venir. Ces notions, soit la relation entre la culture et le commerce, le multiculturalisme dans la culture, la coexistence culturelle, les différences culturelles dans la politique de la culture ainsi que les droits de la personne et les droits culturels, seront les thèmes de plusieurs conférences et activités liées à la diversité culturelle cette année. Ces échanges méritent l'attention des membres du Groupe de travail; le Bureau de liaison rendra compte de ce suivi à la Suisse (qui préside le RIPC en 2001).


Au milieu de l'an 2001, la Suisse accueillera une séance de travail concernant la Gestion de la diversité culturelle, thème qui sera repris lors de la Réunion ministérielle annuelle organisée à Lucerne en septembre 2001. La Suisse poursuivra un travail d'élaboration et de recherche dans ce dossier, conformément aux éléments susmentionnés de la diversité culturelle, de concert avec le Bureau de liaison et avec d'autres membres du Groupe de travail. De plus, en raison des ressources limitées, les participants décident de mandater le Bureau de liaison de suivre les rencontres internationales sur la question et d'y assister dans la mesure du possible - notamment la réunion sur la culture et les conflits, qui se tiendra en Croatie - et de présenter un rapport sommaire aux membres du RIPC lors de la prochaine réunion du Groupe de travail.

Projet pilote de cadres nationaux de politique culturelle : présenté par M. Andreas Wiesand, de l'Institut de recherche culturelle ERICarts

Objectif : Cerner les cadres nationaux actuels de politique culturelle et déterminer quels sont les autres types de stratégies de politique nationale, d'outils et d'efforts de renforcement des capacités qui s'avèrent nécessaires afin d'appuyer efficacement la diversité culturelle.

M. Wiesand présente au Groupe de travail une proposition de projet pilote en 2001 sur les cadres nationaux de politique culturelle. Malgré un intérêt marqué pour le sujet, l'objectif et le processus du projet proposé demeurent vagues pour nombre de pays. Il est mentionné que le projet pilote devrait tenir compte de la diversité des régions du monde, des polarités riches/pauvres, Est/Ouest, etc. La recherche qu'entreprendrait ERICarts pourrait être un inventaire des cadres et des instruments existants qui font place à la diversité culturelle, mais il est également proposé que la recherche porte sur les différents principes ou notions qui sous-tendent les cadres et qu'elle prenne la forme d'une simple analyse comparative de profils se limitant à cinq ou six pays.

Tous les participants du Groupe de travail sont invités à adresser au président avant le 15 janvier 2001 leurs commentaires concernant la proposition d'ERICarts. Le président procédera ensuite avec ERICarts à la révision du projet et le soumettra de nouveau au Groupe de travail pour approbation finale.

Le président mentionne que le projet pilote d'ERICarts exigera des pays un partage des coûts engagés. Le Canada et le Brésil se sont portés volontaires pour participer à la recherche. L'Afrique du Sud et le Sénégal sont également intéressés, mais ont besoin de financement. Les résultats du projet pilote constitueront la base d'une proposition plus étoffée qui sera présentée à la réunion annuelle des ministres en Suisse pour examen en 2001-2002.

Instrument international sur la diversité culturelle : L'exercice de visualisation : présenté par le président, Vladimir Skok, du Canada

Objectif : Poursuivre la création d'un instrument sur la diversité culturelle en mettant l'accent sur l'élaboration de la vision, des principes et des objectifs de l'instrument, ainsi que sur sa portée et sa structure.

Le Groupe de travail convient qu'un instrument international devrait refléter la diversité et les défis que vivent les pays. Le président présente un modèle de diversité culturelle (4 paniers - Accroître la sécurité et la participation civique; Renforcer la pluralité de l'expression culturelle; Stimuler la prospérité; Répondre aux besoins particuliers des pays en voie de développement) ayant pour fonction de guider et de centrer les discussions en créant une vision commune de la diversité culturelle et de l'instrument international. Le modèle est fondé sur une analyse des travaux internationaux qui ont eu lieu dernièrement sur la diversité culturelle dans le cadre de l'étude qualitative du Groupe de travail, réalisée en 2000. Quelques pays s'inquiètent du caractère trop général du modèle, notamment en ce qui concerne l'instrument. Plusieurs modifications sont proposées et adoptées par les participants, telles la convergence des peuples, des valeurs et des pratiques anticoncurrentielles. Le modèle est révisé et présenté de nouveau aux participants (voir l'annexe 2), afin de recueillir leurs commentaires finaux avant la fin de janvier. Le modèle sera ensuite finalisé de façon à refléter la vision collective du Groupe de travail et il formera la base des discussions et du travail concernant l'instrument au cours du reste de l'année.

Les membres du groupe acceptent d'utiliser leur modèle pour mieux déterminer les prochaines étapes et le contenu d'un instrument. Nombre de pays posent des questions au sujet de l'instrument international sur la diversité culturelle; par exemple, de qui doit-il relever et s'il doit être exécutoire ou non? Quelques pays insistent sur le caractère nécessairement exécutoire de l'instrument, conformément au mandat donné au groupe par les ministres à Santorin, tandis que d'autres jugent une telle décision prématurée.

Un tour de table où chaque pays est invité à donner sa perception d'un instrument international produit une gamme intéressante de notions diverses et communes quant à la nature d'un instrument. La Suède propose que le Groupe de travail du Réseau puisse servir de forum de définition de l'instrument par le truchement de son processus et d'un dialogue sur la diversité culturelle. La Lettonie et l'Arménie croient qu'un instrument pourrait avoir une fonction consultative à laquelle se référeraient les États dans la mise en œuvre de leurs politiques nationales. La Norvège, la Suisse et le Brésil mentionnent le besoin de garantir le caractère concurrentiel des industries culturelles nationales tout en s'assurant d'échanges internationaux. L'Afrique du Sud mentionne la nécessité d'habiliter les collectivités régionales et d'accroître les connaissances. En ce qui concerne les contenus, la discussion fait ressortir les droits de la personne, l'identité et la langue comme éléments prédominants, ainsi que les besoins particuliers du monde en voie de développement. Le principal sujet de préoccupation de nombreux pays tient aux enjeux caractéristiques de la diversité culturelle et de l'économie.

Plusieurs pays font valoir l'importance de préserver des liens entre toutes les institutions internationales actives dans le dossier de la diversité culturelle et d'éviter les dédoublements ou la création de programmes divergents. Il est convenu que le Groupe de travail continuera à travailler à la création d'un instrument et partagera en temps utile son information avec l'UNESCO, La Francophonie et les autres forums officiels internationaux.

Le président demande au Bureau de liaison de repérer et de présenter à la prochaine réunion du groupe de travail tout effort entrepris dans d'autres forums internationaux et ayant un rapport direct à l'instrument.

Instrument international sur la diversité culturelle : Portée et architecture : présenté par le professeur Ivan Bernier, de l'Université Laval

Le professeur Bernier présente plusieurs choix possibles en ce qui concerne la portée et la nature d'un instrument international sur la diversité culturelle. Il souligne que cet instrument devrait être fondé sur la promotion, la préservation et l'accessibilité de la diversité et de l'identité culturelles. Il présente quatre solutions quant à l'affiliation d'un tel instrument, qui pourrait relever 1) de l'UNESCO, 2) de l'OMC, 3) d'organisations internationales multiples, ou 4) exister comme document autonome. Le professeur Bernier est également d'avis que l'instrument devrait avoir force exécutoire de façon à donner aux gouvernements une justification pour agir et pour mettre en place les mécanismes appropriés de protection et de promotion de la diversité culturelle (voir l'annexe 3).

Au cours des prochains mois, le professeur Bernier poursuivra son travail exhaustif de recherche et d'élaboration de la portée possible et des modèles structuraux éventuels d'un instrument. Il présentera ses conclusions au groupe de travail lors de sa prochaine réunion.

Conclusion

La réunion se termine sur une note enthousiaste avec le sentiment général que le Réseau constitue un forum utile et novateur où faire progresser la réflexion internationale en matière de diversité culturelle. Les participants sont en faveur de l'idée de poursuivre le développement d'un instrument et présenteront aux ministres un document final témoignant de leur réflexion à la prochaine réunion annuelle.

On prévoit que la prochaine réunion du Groupe de travail aura lieu entre la fin avril et le début de juin en Suisse, en concomitance avec leur séance de travail sur la Gestion de la diversité culturelle. La Norvège a offert d'agir en qualité d'hôte conjoint d'une réunion du Groupe de travail avec le président canadien à l'automne 2001, en suivi à la Quatrième Réunion ministérielle annuelle de Lucerne, en Suisse. Le document du Groupe de travail qui sera présenté aux ministres à Lucerne intégrera les trois principales contributions, soit : 1) l'intégration de la diversité culturelle, de la Suisse; 2) la recherche du professeur Bernier sur la portée et l'architecture de l'instrument et 3) le projet pilote d'ERICarts.

En outre, quelques pays mentionnent l'importance d'obtenir la participation de tous les membres du RIPC à ces réunions. Cependant, il est dit que, dans un but de continuité, il pourrait être nécessaire de maintenir un groupe central de représentants ayant été présents à toutes ou presque toutes les réunions, pour effectuer certaines tâches données.

Participants

Président : M. Vladimir Skok, Canada

Présents : M. Karen Aristakesyan, Arménie
M. Vladimir Murtinho, Brésil
M. Philip Stone, Canada
Mme Christina Green, Canada
M. David Atkinson, Canada
M. Claude Baillargeon, Canada
M. Fu Yin, Chine
Mme Juabo Pu, Chine
M. Andreas Wiesand, ERICarts
Mme Paule Iappini, France
Mme Sophie Valais, France
M. Marios Kostakis, Grèce
Mme Erzsébet Kigyos, Hongrie
Mme Gundega Laivina, Lettonie
Mme Janina Tiskina, Lettonie
Mme Josée Arbique, Bureau de liaison
Mme Åse Vollo, Norvège
M. Oeivind Danielson, Norvège
M. Leonid Marchenkov, Russie
M. Madiyere Mbodj, Sénégal
M. Steven Sack, Afrique du Sud
M. Per Svennson, Suède
M. Mikhail Schultz, Suède
M. Bernard Wicht, Suisse
M. Dominic Arpin, UNESCO
M. Ivan Bernier, Université Laval

Document préparé par Josée Abrique, directrice adjointe, Bureau de liaison, et approuvé par le président, V. Skok.

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