INCP - RIPC Réseau international sur la politique culturelle
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Accueil: Groupes de travail: Diversité culturelle et la mondalisation: L'ordre du jour
Groupes de travail

Rapport

Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation du RIPC

4e Réunion
à Leysin, en Suisse les 11 et 12 mai 2001

Introduction

Le Groupe de travail de RIPC sur la diversité culturelle et la mondialisation s'est réuni pour la quatrième fois les 11 et 12 mai à Leysin, en Suisse. Cette réunion avait pour but de poursuivre le travail amorcé en décembre à Paris pour réaliser le mandat que les ministres avaient confié au Groupe à Santorin en septembre 2000. Présidée par Vladimir Skok du Canada, la réunion a rassemblé des représentants de 13 pays, de l'UNESCO, de l'Union européenne et des conseillers experts invités.

La réunion avait trois objectifs : examiner les projets du Groupe de travail durant l'exercice 2000-2001 sous les rubriques suivantes : Intégration de la diversité culturelle, Projet pilote sur les cadres nationaux de politique culturelle et Instrument international sur la diversité culturelle; élaborer le document à présenter par le Groupe de travail à la Réunion ministérielle annuelle de Lucerne; jeter les bases d'un Plan de travail pour l'exercice 2001-2002.

1- Intégration de la diversité culturelle : exposés de Josée Arbique, Bureau de liaison du RIPC, Katérina Stenou de l'UNESCO, Magdelena Grossman du Conseil de l'Europe, Valérie Panis de l'Union européenne et Bernard Wicht de la Suisse.

1. Suisse

M. Wicht présente aux membres du Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation un résumé des faits saillants de la séance de travail sur la Gestion de la diversité culturelle qui peuvent s'avérer pertinents à l'élaboration d'un instrument :

  1. Réaliser que la diversité culturelle est une conjoncture politique qui transcende la politique et demeurer conscient des limites de tout instrument.
  2. L'instrument devrait mettre l'accent sur plusieurs domaines particuliers afin de relever des défis concrets.
  3. L'instrument devrait comporter un préambule qui ferait état de la complexité de la diversité culturelle et aborderait des questions comme celles liées aux langues, à l'immigration, aux défis urbains, ainsi qu'aux droits des personnes et à ceux des groupes et des collectivités.

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2. Bureau de liaison

But : Faire rapport, à la demande des membres, sur les réunions internationales pertinentes à l'intégration de la diversité culturelle ayant eu lieu depuis la dernière réunion du Groupe de travail.

Le Bureau de liaison a identifié jusqu'à maintenant cinq réunions internationales sur des thèmes liés à la diversité culturelle qui pourraient intéresser les membres du Groupe de travail. (Voir l'annexe 1 pour les résumés et les rapports complets de chacune de ces réunions) :

  1. « Multiculturalisme : Un processus de dialogue – Le paradigme grec et canadien : Symposium sur le multiculturalisme canadien » Thessaloniki, Grèce
  2. « Atelier sur les arts et la politique culturelle en vue du développement », Canada.
  3. « Rapport sommaire de l'UNESCO, table ronde ministérielle », Paris, France.
  4. « Beyond Multiculturalism? Policies Past, Present and Future - A British Council International Networking Event », Birmingham, R.-U.
  5. « Conférence sur la culture et le conflit », Dubrovnik, Croatie.

Mme Naima Bali de Croatie donne un compte rendu de la conférence tenue à Dubrovnik et en résume les principales conclusions et conséquences.

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Les thèmes suivants, liés aux efforts du Groupe de travail, ont fait surface dans l'ensemble des rencontres :

  • Les arts et les politiques culturelles ont diverses fonctions importantes dans la création d'un environnement ouvert où les conflits culturels (militaires ou autres) sont moins susceptibles d'apparaître.
  • Les politiques axées sur la diversité culturelle peuvent être des outils servant à combattre l'exclusion et la marginalisation sociale et à favoriser le développement.
  • Malgré une reconnaissance croissante de la nécessité d'assurer un traitement particulier aux biens et aux services culturels dans les ententes commerciales, on s'inquiète du manque actuel de reconnaissance des enjeux culturels dans les grands forums commerciaux et dans les autres accords internationaux.
  • L'identité et la culture nationales aident les groupes à bâtir une vie collective et à se doter d'une identité commune mais, en même temps, elles peuvent susciter certaines hiérarchies et valeurs qui ont pour effet d'isoler des groupes sociaux.

3. UNESCO

Mme Stenou présente le travail et les activités qu'a entrepris l'UNESCO dans le cadre d'une Déclaration sur la diversité culturelle. Un document sera soumis aux ministres à l'occasion de la prochaine Conférence Générale de l'UNESCO, en novembre 2001. Elle donne également un bref compte rendu de la proposition du secrétariat qui a d'abord été distribuée aux ministres à Paris, lors de la 2e Table ronde de l'UNESCO des ministres de la Culture concernant une Alliance planétaire sur la diversité culturelle.

4. Conseil de l'Europe (CoE)

Mme Grossman décrit le travail entrepris par le CoE, y compris l'adoption d'une déclaration sur la diversité culturelle et d'un texte explicatif. Cette déclaration sert de cadre à la démarche européenne en matière de diversité culturelle; elle privilégie, à l'échelon local, des questions importantes qui sont également pertinentes sur la scène internationale.

Une préoccupation majeure soulevée par le CoE est l'absence de réglementation politique sur les échanges économiques dans le champ du commerce culturel. Il est extrêmement important qu'une organisation internationale reconnaisse publiquement l'importance de la diversité culturelle. Mme Grossman parle également de l'étude transversale.

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5. Union européenne (UE)

Mme Panis indique que la diversité culturelle et un Instrument à cet effet font l'objet de discussions approfondies au sein de l'UE et que ces questions jouent un rôle important dans les échanges entre les États membres de l'UE.

L'UE est convaincue du caractère prioritaire des considérations de politiques entourant la diversité culturelle et elle s'intéresse à l'élaboration de l'instrument international sur la diversité culturelle. Un de ses principaux secteurs d'intérêt est la relation entre la culture et la politique commerciale.

Mme Panis met particulièrement l'accent sur l'importance du partage de renseignements et de résultats entre les différentes organisations travaillant aux enjeux de la diversité culturelle.

Les membres du Groupe de travail se disent heureux des maillages entre les organismes supranationaux et remercient chacune des conférencières pour leurs exposés.

2- Projet pilote sur les cadres nationaux de politique culturelle : présenté par M. Andreas Wiesand, de l'ERICArts Cultural Research Institute

But : Présenter les résultats à ce jour du projet pilote entrepris par Ericarts sur les cadres nationaux actuels de politique culturelle, afin d'identifier quelles autres stratégies de politiques nationales, quels outils et quels efforts de renforcement du potentiel sont nécessaires pour fournir un appui efficace à la diversité culturelle.

M. Wiesand expose des premiers résultats concernant les politiques culturelles existantes de cinq pays (la Suède, le Sénégal, la Hongrie, l'Afrique du Sud et le Canada) et les lacunes de certains de ces cadres. Ces renseignements forment une base de données pouvant éventuellement servir à l'élaboration de l'instrument.

Sa recherche offre un inventaire des cadres de politiques et des outils existants qui favorisent la diversité culturelle. Son rapport prendra la forme d'une analyse comparative simple des profils de chaque pays. Le rapport final sera bientôt remis au président du Groupe de travail, dans le format synthétique convenu à la réunion. Ce document offrira aux ministres de la Culture du Réseau une base leur permettant d'approfondir les principes, les objectifs, la portée et la structure d'un Instrument international, y compris des questions sur la nature d'un instrument contraignant. On songe à une étude plus globale l'an prochain.

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3- Instrument international sur la diversité culturelle :

Atelier : Éléments importants et champs d'action prioritaires de l'Instrument et présentation d'un document sur sa portée et son architecture. (Ivan Bernier, Université Laval)

But : Pousser plus loin l'élaboration du concept d'un Instrument international sur la diversité culturelle, en mettant l'accent sur la portée et l'architecture de l'Instrument.

Atelier (président) :

Vladimir Skok inaugure la séance avec le « Rapport-synthèse du président », un résumé des travaux consacrés par le Groupe de travail à l'élaboration d'un Instrument. On y explique que, dans le contexte de la mondialisation, la possibilité d'une participation active à la culture exige que l'État possède la liberté de promouvoir les arts, l'excellence, la culture, etc. Les gouvernements doivent donc être en mesure de prendre les décisions et les mesures qui s'imposent pour la promotion et la préservation de la diversité culturelle. On doit se rappeler et faire valoir que ce genre d'habilitation du gouvernement ne relève pas du protectionnisme mais bien de la préservation et de la promotion.

Certains pays font valoir que les complexités de la diversité culturelle et le projet d'un accord multilatéral qui irait au-delà d'un texte déclaratoire nécessitent que l'on accorde plus d'importance au processus de consultation interne visant à engager toutes les parties intéressées. Dans le but de lancer un tel dialogue, des pays proposent la rédaction d'un « document d'information sur l'Instrument » qui viendrait faciliter les consultations interministérielles à l'échelon national sur la proposition du Groupe du travail avant la réunion de Lucerne. Les participants demandent au Bureau de liaison et au président du Groupe de travail de préparer ce document d'information et de le distribuer à tous les membres du RIPC.

Certains pays réitèrent des questions concernant l'organisme qui accueillerait l'instrument international sur la diversité culturelle et le caractère contraignant ou non de celui-ci.

Après une bonne discussion, les membres du Groupe de travail conviennent d'inclure dans leur document sur l'instrument toute la gamme des questions soulevées, de façon à donner aux ministres réunis à Lucerne une orientation sur la poursuite du développement de l'instrument au cours des années à venir. Les membres réitèrent l'importance de maintenir des liens entre toutes les organisations internationales travaillant au dossier de la diversité culturelle.

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Portée et architecture (Professeur Ivan Bernier, Université Laval) :

M. Bernier présente son article sur la portée et la nature d'un instrument international sur la diversité culturelle.

Il soutient que l'instrument doit être fondé sur la promotion, la préservation et l'accessibilité de la diversité et de l'identité culturelles. Il réitère également que l'instrument doit avoir un caractère contraignant et qu'il doit donner aux gouvernements le pouvoir d'intervenir et de mettre en place des mécanismes adéquats de protection et de promotion de la diversité culturelle. (Voir l'annexe 2 pour le texte entier du rapport).

Le document est bien reçu par l'ensemble des participants qui reconnaissent la qualité du travail présenté par M. Bernier. Les échanges subséquents portent sur les points suivants :

  • L'instrument doit traiter de certains problèmes importants comme les mesures et les outils que peuvent utiliser les États pour préserver et promouvoir la diversité culturelle et pour relever les défis de la mondialisation.
  • Le préambule devrait reconnaître le droit des gouvernements d'adopter des mesures en matière de diversité culturelle. Il devrait indiquer clairement les risques encourus en l'absence d'un tel instrument.
  • L'instrument devra aborder, à un moment donné, les questions liées au commerce; il est donc de plus en plus important d'amorcer un dialogue au sein de chaque État et du Réseau avec des spécialistes des questions économiques, commerciales et internationales.
  • Les textes préparés devraient être intégrés en un document et apportés aux ministres à la Réunion ministérielle annuelle de septembre

4- Le point sur le Réseau international des ONG sur la diversité culturelle (RIDC) : Perspectives sur la diversité culturelle et sur un instrument, présentées par M. D. Bach de Norvège

But : Informer les représentants du RIPC des perspectives actuelles du Réseau des ONG au sujet de la diversité culturelle et d'un instrument.

L'exposé de M. D. Bach de Norvège, du RIDC, témoigne de l'engagement marqué des ONG en faveur de l'élaboration d'un Instrument international sur la diversité culturelle. Les organisations membres du RIDC discuteront d'un tel instrument à leur réunion de septembre et apporteront leurs conclusions à la réunion ministérielle de façon à contribuer aux échanges et à la réflexion du RIPC.

Le RIDC réitère son engagement à l'égard d'échanges nécessaires de renseignements entre les deux réseaux (le RIPC et le RIDC).

David Streiff remercie le conférencier et fait valoir la multiplicité d'occasions d'interactions entre les réseaux, tant durant la Réunion ministérielle qu'en d'autres circonstances.

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5- Synthèse : Bâtir l'instrument, préparation du document à présenter par le Greoupe de travail à la Réunion ministérielle annuelle de septembre et du Plan de travail pour 2001-2002

But : Discuter des conclusions du Groupe de travail, du rapport à présenter aux ministres à la Réunion ministérielle annuelle de septembre et des prochaines étapes pour septembre et après.

Pour les participants, l'objectif de tout accord devrait comprendre une meilleure articulation de son rapport aux enjeux de développement social économique et culturel. Les représentants du Groupe de travail soulignent l'importance d'aborder les grandes questions sous-jacentes et non seulement les enjeux de diversité culturelle. Les pays doivent pouvoir se reconnaître non seulement dans la vision inclusive mais également dans les solutions et les applications d'un instrument.

Pour le Groupe de travail, l'instrument ne peut rendre entièrement compte de l'immense variété des enjeux liés à la diversité culturelle. Les besoins liés à son caractère contraignant appellent clairement une élucidation plus poussée. On doit expliquer clairement que l'instrument n'a pas pour but de limiter les compétences nationales mais plutôt de donner aux pays le droit de poursuivre certaines politiques. Une démarche d'application « à la carte » est discutée dans ce contexte, notamment en ce qui concerne les préoccupations liées aux engagements régionaux, aux pays en voie de développement et aux questions linguistiques.

Le Groupe de travail endosse fermement la demande aux mMinistres d'un prolongement d'au moins un an de son mandat afin d'entreprendre ce travail et d'autres efforts apparentés aux politiques de diversité culturelle.

Les participants endossent une proposition à l'effet que le président prenne de nouveau la responsabilité de travailler avec une équipe de rédaction – comprenant la Barbade, le Canada, l'Afrique du Sud, la France, les Pays-Bas et la Suisse – pour finaliser, distribuer et présenter le rapport du président du Groupe de travail à la réunion de Lucerne.

Les participants conviennent que ce document offrira aux ministres de la Culture du Réseau une base sur laquelle approfondir les principes, les objectifs, la portée et la structure d'un instrument sur la diversité culturelle, y compris les questions entourant la nature d'un instrument contraignant.

Si le Groupe de travail obtient l'approbation d'une troisième année de mandat, la Norvège réitère son intérêt pour la fonction de co-hôte de la première séance post-Lucerne du Groupe de travail, au début de décembre, à Oslo.

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Conclusion :

La réunion se termine sur un consensus quant à la préparation pour la Réunion ministérielle annuelle de septembre du RIPC d'un document touchant la portée et le cadre d'un instrument international sur la diversité culturelle. La Suisse annonce que l'instrument constituera un thème spécifique lors de la réunion des ministres afin de garantir à ces questions un traitement exhaustif. Les participants conviennent également de demander aux ministres d'exprimer leurs opinions sur de futurs travaux d'élaboration d'une ébauche d'instrument.

Participants
M. Vladimir Skok

Présents
M. Antonio Rudder, Barbade
Mme Christina Green, Canada
M. David Atkinson, Canada
M. Claude Baillargeon, Canada
Mme Janette Mark, Canada
Mme Magdelena Grossman, Conseil de l'Europe
Mme Naima Bali , Croatie
M. Andreas Wiesand, ERICarts
Mme Sophie Valais, France
Mme Valérie Panis, Union européenne
M. Marios Kostakis, Grèce
M. Sidney Bartley, Jamaïque
Mme Josée Arbique, Bureau de liaison
Mme Regiena M. Bink-Leijh, Pays-Bas
Mme Silje Thingstad, Norvège
Mme Åse Vollo, Norvège
M. D. Bach, Norvège
M. Leonid Marchenkov, Russie
M. Steven Sack, Afrique du Sud
M. Ruffus Matibe, Afrique du Sud
M. Per Svennson, Suède
M. Mikhail Schultz, Suède
M. David Streiff, Suisse
M. Nicolas Mathieu, Suisse
Mme Hermia Tyson-Cuffie, Trinidad et Tobago
Mme Katérina Stenou, UNESCO
M. Ivan Bernier, Université Laval

Document préparé par Josée Arbique, Sous-directrice, Bureau de liaison, et approuvé par V. Skok, président.

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