Conclusions du Président
Rome, Italie - 12 Mars 2001
Sous les auspices du Réseau international sur la politique
culturelle (RIPC), M. Vincenzo Vita, sous-secrétaire d'État,
présidait la première rencontre du Groupe de travail
sur la radiodiffusion dans l'environnement mondial.
La rencontre, qui s'est déroulée à Rome le
12 mars 2001, réunissait des experts du domaine de la radiodiffusion
de dix pays du RIPC, de l'UNESCO et des leaders italiens, aussi
bien du secteur privé que public, des communications et de
l'audiovisuel. La matinée a été consacrée
à des discussions sur les principaux défis auxquels
est confrontée l'industrie italienne. Durant l'après-midi,
on a élargi la discussion à tous les délégués
internationaux et parlé du rôle futur du RIPC.
À titre de président de la rencontre, M. Vita a indiqué
que la mondialisation culturelle et technologique est une réalité
et que, comme le déclarait le Secrétaire général
des Nations Unies, on peut la comparer à la force de gravité
: on peut s'y opposer, mais on ne peut y échapper. Il a fait
valoir que les gouvernements et les institutions démocratiques
sont toutefois appelés à faire des choix qui correspondent
à l'impact que nous voulons que cette technologie ait sur
la vie des citoyens.Les participants ont discuté des principaux
défis que doit relever le secteur de la radiodiffusion en
cette ère de mondialisation et de l'importance de la diversité
de l'expression culturelle. Voici quelques-unes des principales
préoccupations et orientations discutées :
Un modèle de communications durables
Les décideurs ont le choix entre deux orientations : une
première fondée sur le laissez-faire, qui ne tient
compte que des forces du marché, et une deuxième qui
demande une gestion créative et active, mais qui appuie le
changement et valorise les possibilités offertes par la technologie.
La première orientation, qui semble prédominante,
découle principalement de l'aspect technocratique de la convergence
et adopte une vision exclusivement commerciale des répercussions
que la technologie peut avoir sur l'atteinte des objectifs de politiques
publiques. On peut d'ailleurs le constater en observant le processus
de concentration et les structures d'intégration verticale
des entreprises du multimédia, qui favorisent un petit nombre
de groupes multinationaux.
La deuxième orientation est moins clairement définie,
mais elle est tout de même très importante pour la
dimension politique et économique des systèmes et
des technologies de communications. - elle définit un modèle
de " communications durables " qui est fondé sur
les valeurs démocratiques et la liberté d'expression,
permettant ainsi de respecter l'autonomie des médias et d'encourager
la diversité culturelle, tout en reconnaissant, dans ce contexte,
qu'une diversité des approches peut être requise pour
traiter des questions liées à la radiodiffusion et
à la mondialisation.
Le modèle de communications durables devrait aborder les
questions suivantes :
- Une distinction entre la convergence technologique - centrée
sur la distribution en mode numérique et les réseaux
- et la diversité linguistique et culturelle du contenu
dans les médias (radio, télévision, cinéma,
édition, etc.);
- Une approche stratégique du traitement du " multimédia
" qui reconnaît et appuie l'intégration des
technologies de communications et leur spécificité
sous-jacente;
- La valorisation de la diversité culturelle, y compris
de la langue et de l'ethnicité, et la promotion de la capacité
de production dans divers pays;
- Une approche des règles qui traitent les outils, les
réseaux et le contenu de façon appropriée;
- Le respect du pluralisme des idées et des cultures,
et un accès égal, sans discrimination, au contenu
des médias et aux solutions technologiques.
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Rôle du radiodiffuseur de services publics - Une alliance
mondiale
Dans le nouvel environnement mondial, le radiodiffuseur de services
publics joue un rôle majeur dans l'atteinte des objectifs
relatifs à la politique culturelle.
Le radiodiffuseur de services publics est essentiel non pas seulement
en raison de ses caractéristiques juridiques, mais également
pour le rôle central qu'il joue en matière d'innovation
technologique, de production et de promotion d'un contenu de qualité
à cette époque de numérisation. Il agit également
comme point de référence pour les communautés
locales dans un environnement mondial. Les avantages de la numérisation
dans un État mondial ne peuvent être réservés
aux seuls privilégiés. Si tel était le cas,
les divisions économiques, sociales et culturelles dans toutes
les sociétés seraient encore plus marquées.
C'est pour ces raisons, dans l'esprit des Nations Unies et de l'UNESCO,
qu'il faut envisager d'adopter une initiative qui pourrait être
utile dans le cadre d'une " alliance mondiale " des radiodiffuseurs
de services publics et ainsi assurer le respect des droits collectifs
et individuels et améliorer l'accès à une diversité
d'idées et de cultures.
Une nouvelle approche de la participation des citoyens
Il faut envisager une nouvelle approche du concept de " service
universel ", car celui-ci ne constitue tout simplement plus
une garantie de contact pour les " citoyens utilisateurs ",
mais doit servir de point de départ pour la pleine participation
des citoyens.
Certains sont d'avis qu'il faudrait pouvoir compter sur une "
sommité mondiale " pour influencer le marché
(y compris le règlement des questions relatives aux droits)
et ainsi assurer le développement de " communications
durables " qui reflètent tous les aspects économiques,
sociaux et culturels des pays, qu'ils soient petits ou grands.
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" Mondialisation "
Un élément clé qui devrait nous guider dans
les années à venir est la " mondialisation "
- une interrelation des aspects mondiaux et locaux.
La mondialisation peut représenter une force extraordinaire
qui permet de " relier les communautés ", apportant
le contenu international et régional aux marchés locaux,
et vice versa.
Il est important de mettre en place des mécanismes internationaux
pour faciliter la promotion et la diffusion de ces produits auprès
des publics à l'échelle mondiale.
Prochaines étapes
Le RIPC constitue un important forum pour l'élaboration
d'initiatives qui peuvent appuyer un modèle de " communications
durables ". Le groupe de travail concentrera ses travaux futurs
dans trois domaines :
- La possibilité d'établir des liens avec les radiodiffuseurs
de services publics afin :
- a) d'améliorer l'accès à une diversité
d'idées, de renseignements et de cultures;
- b) de traiter de la question de l'accès à
une diversité d'émissions, d'assurer la couverture
des événements mondiaux et le paiement des coûts
associés aux droits (p. ex. les Jeux olympiques).
- Les questions à étudier à cet égard
pourraient inclure :
- la portée et le mandat (à savoir l'échange
d'émissions, l'affranchissement des droits y afférents,
l'aide au doublage et au sous-titrage, etc.);
- la question de savoir si une telle alliance devrait être
limitée aux radiodiffuseurs publics ou si elle devrait
s'appliquer aux radiodiffuseurs privés, aux producteurs
de contenu et aux créateurs.
- La préparation d'un recueil des " meilleures pratiques
" qui permettent d'apporter la production locale aux marchés
mondiaux des pays membres (p. ex. outils et expériences).
- Le partage de perspectives sur les répercussions possibles
du programme en matière de commerce international sur la
radiodiffusion et la politique culturelle.
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