Culture traditionnelle durant la modernisation
Vues sur la promotion de la protection de la culture
traditionnelle - innovations et échanges
Rapport préparé par le ministère de la
culture de la République populaire de Chine en vue de la
7e réunion ministérielle annuelle du Réseau
international sur la politique culturelle, qui se tiendra à
Shanghai (Chine), du 14 au 17 octobre 2004
Lors de la réunion ministérielle annuelle tenue à
Cape Town en 2002, la Chine s'est engagée à accueillir
la septième réunion ministérielle annuelle
du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC).
L'année dernière, durant la tenue de la sixième
réunion, à Opatija (Croatie), le ministre Sun Jiazheng
a brièvement décrit le thème de la réunion
de cette année, en l'occurrence " Culture traditionnelle
durant la modernisation ", thème que tous les ministres
présents ont adopté.
En un sens, le thème " culture traditionnelle durant
la modernisation " est un prolongement des thèmes des
réunions ministérielles annuelles précédentes
du RIPC. L'on peut affirmer que le concept de " culture traditionnelle
" chevauche les idées de " diversité culturelle
" et de " culture populaire locale ou ethnique "
de nombreuses façons. Ce thème indique également
qu'il faut accorder plus d'attention à " l'atténuation
" des caractéristiques culturelles des pays en développement
durant leur modernisation rapide. Parallèlement, par ce thème,
l'on espère sensibiliser les gens au fait que les innovations
dans le domaine de la " culture traditionnelle " peuvent
être porteuses de nombreuses leçons dont la "
modernisation " pourrait tirer profit. Dans un certain sens,
la protection de la diversité culturelle sera assurée
par l'établissement d'interactions positives entre la culture
traditionnelle et la modernisation.
À cette fin, nous avons envoyé un questionnaire à
chaque pays membre du RIPC par l'entremise du Bureau de liaison
et avons reçu de nombreuses réponses des pays suivants
: la Grande-Bretagne, le Canada, la Croatie, la Finlande, la France,
l'Allemagne, la Grèce, l'Islande, la Corée, la Lettonie,
la République de Maurice, le Mexique, la Norvège,
le Portugal, le Sénégal, la Slovénie, l'Espagne,
la Suède et la Suisse. Toutes ces réponses renferment
des énoncés clairs sur la " culture traditionnelle
" et la " modernisation " qui, dans l'ensemble, se
ressemblent. Les données recueillies à l'aide de ce
sondage devraient constituer une source fiable pour les pays membres
en vue de la coordination des politiques culturelles et de la conduite
d'activités de coopération internationale intensives.
Interprétation du sens du terme " culture traditionnelle
"
Les notions de " culture traditionnelle " et de "
tradition culturelle " contiennent des ambiguïtés,
ce qui donne matière à interprétation. Les
gens ont des interprétations différentes à
la lumière de leurs conditions nationales différentes.
Nous constatons que le concept de culture traditionnelle a été
compris en fonction des aspects suivants :
Tout d'abord, il est compris comme étant le patrimoine culturel
ou " une partie du concept plus vaste de patrimoine culturel
" (par la Suède, l'Espagne et la plupart des pays développés).
Ici, il fait d'abord référence au patrimoine matériel,
puis au patrimoine immatériel. Le premier renvoie aux arts
traditionnels, aux classiques, à l'artisanat et à
l'architecture, y compris divers genres de vestiges matériels
et de sites -tous les genres de symboles spirituels sous une forme
matérielle. Le dernier fait référence à
divers genres de festivals folkloriques, de représentations
musicales ou dramatiques, ainsi qu'à certaines habiletés
artisanales (culture folklorique). Pour certains pays, la culture
traditionnelle est le fondement des valeurs de l'humanité,
l'essence au fil de l'histoire et la source d'inspiration de nouvelles
créations artistiques (par exemple, la République
de Maurice).
Le patrimoine immatériel dirige notre attention vers un
mode de vie qui ne fait pas partie de l'histoire. La représentation,
comme forme d'art traditionnel, pourrait simplement être la
mémoire ou l'imitation d'une forme d'expression encore plus
ancienne. Cependant, les coutumes, les rites religieux et, surtout,
les langues dépendent de la vie sociale vivante.
Il est évident que les définitions de la culture
traditionnelle se chevauchent de nombreuses façons. En général,
les gens comprennent la " culture traditionnelle " comme
" un synonyme de la culture matérielle et spirituelle
des basses couches d'anciennes sociétés " (la
Croatie), comme étant " liée à la vie
rurale ou aux coutumes populaires " (l'Espagne), la culture
autochtone (le Canada et le Mexique), et la " culture de l'ère
agricole " (la Norvège). Habituellement, toutefois,
les pays plus développés (avec un PIB par habitant
supérieur à 20 000 $ US) ont tendance à comprendre
la culture traditionnelle du point de vue du patrimoine culturel
et des arts anciens. Par ailleurs, les pays en développement
(PIB par habitant inférieur à 5 000 $ US) se fondent
sur les coutumes, la religion et la langue existantes pour comprendre
la culture traditionnelle. Bref, les pays modernes ont la tendance
de voir la culture traditionnelle comme un patrimoine-des symboles
spirituels disparus de la circulation. Dans les pays moins industrialisés,
la culture traditionnelle a la tendance d'être comprise comme
étant les langues, les religions et les coutumes-les tendances
et les concepts interdépendants qui sont toujours vivants
même s'ils font face à de grands défis et qui
ont un urgent besoin d'innovations et de réformes. Ce sont
les deux orientations projectives pour les concepts de culture traditionnelle
et de tradition culturelle. En fait, les gens ont différentes
théories et valeurs sur la manière de traiter le patrimoine
culturel matériel et sur le degré d'appartenance à
la société préindustrielle du mode de vie,
de la langue et de la religion. Dans le cas de la première
orientation, des impératifs moraux appellent à une
protection acharnée, tandis que dans le cas de la deuxième,
on parle de sensibilité et de développement indépendant.
Des phénomènes complexes existent en ce qui concerne
le patrimoine matériel et immatériel et les coutumes
traditionnelles courantes. Ainsi, dans les pays développés,
la catégorie du " patrimoine culturel " s'est peu
à peu élargie. Des réalisations, des sites
historiques et même des arts d'interprétation appartenant
à la fin de la période mi-ancienne ou au début
de la période moderne, ont été inclus. Par
exemple, en France, le ballet de Jean Baptiste Lully et la danse
folklorique de la région de la Bretagne et du Pays basque
sont considérés comme faisant partie du patrimoine
culturel. L'Islande a présenté une demande pour que
le vieux parlement islandais, établi en l'an 930, fasse partie
de la liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO. Au Royaume-Uni,
le secteur riverain conjugué au centre commercial de Liverpool
a été le seul présenté par ce pays pour
l'obtention du titre de site du patrimoine mondial.
La Suède possède la vision la plus large à
ce sujet : " la Suède se fonde sur le vaste concept
d'environnement culturel ... pour décrire tant le patrimoine
culturel matériel qu'immatériel. Celui-ci inclut en
principe l'environnement global que l'homme a créé
au fil du temps. Il comprend tout, qu'il s'agisse de sites de peuplement
de l'âge de pierre vieux de milliers d'années ou de
banlieues modernes de nos jours, de champs de fossiles abandonnés
depuis longtemps ou utilisés aujourd'hui pour l'agriculture
et la foresterie, d'anciennes voies de communication terrestres
ou maritimes ou d'autoroutes et de voies de navigation modernes.
Il consiste également en les traditions et les valeurs que
nous adoptons, consciemment ou non, des générations
précédentes. C'est un patrimoine qui comprend non
seulement des objets concrets, des édifices et des vestiges
anciens, mais aussi des mythes, des coutumes et des traditions immatériels
".
" Au Canada, le traditionnel et le moderne s'entrecroisent
souvent ". En raison de son histoire particulière, les
cultures semblant modernes peuvent être de nature plus traditionnelle
tandis que les cultures traditionnelles sont en fait plus modernes.
Lorsque les émigrants portugais ont transplanté les
styles architecturaux d'autres cultures au Portugal, l'on se demande
qu'est-ce qui est traditionnel et qu'est-ce qui est moderne-le style
architectural indigène ou le style emprunté outremer
par les émigrants? Les Mauriciens croient que la culture
traditionnelle ou les traditions culturelles ont deux niveaux, le
premier étant la culture de leurs ancêtres et le deuxième,
les traditions découlant de l'arrivée et de l'établissement
subséquent d'immigrants originaires principalement de la
Chine, de l'Inde, de l'Afrique et de l'Europe depuis le XIXe siècle.
Il est évident que le lien entre la culture traditionnelle
et la modernisation est relatif; toutes les choses qui ne sont pas
de nature moderne ou contemporaine peuvent être de nature
traditionnelle. Dans ce cas-ci, " moderne " fait référence
à l'industrialisation, à l'urbanisation et à
l'économie de marché ainsi qu'aux valeurs morales
et aux systèmes politiques connexes. Par conséquent,
les sujets relativement marginalisés dans la société
moderne peuvent tous être inclus en général
dans la catégorie de la culture traditionnelle. Parallèlement,
certains concepts de la culture traditionnelle qui ont souvent été
laissés de côté par les utilisateurs modernes
méritent également d'être mentionnés.
Ainsi, la Corée, le Mexique et l'Espagne ont signalé
la discrimination de genre, l'autoritarisme ou la centralisation,
etc. Toutefois, le terme " culture traditionnelle " fait
souvent référence de nos jours au patrimoine culturel
plus précieux qui a été filtré et sélectionné.
Le sens de " Culture traditionnelle durant la modernisation
"
Tout comme il n'y a pas de divergence fondamentale à l'égard
de la compréhension de la notion de culture traditionnelle,
il n'y a pas de mésentente au sujet du concept de modernisation,
laquelle est perçue comme une tendance inévitable.
La seule différence est que les définitions données
par les pays développés sont plus claires et simples,
tandis que celles des pays en développement et en transition
sont légèrement plus complexes.
Une telle différence est surtout évidente dans les
réponses à la question sur l'incidence de la modernisation
sur la culture traditionnelle, où l'on demandait si une telle
incidence est " positive " ou " négative ".
Les pays développés ont souligné que la modernisation
avait créé les conditions nécessaires pour
que les citoyens comprennent, acceptent, interprètent et
modifient en toute liberté diverses cultures traditionnelles,
soulevant par conséquent l'intérêt des gens
envers la culture traditionnelle. L'Allemagne a souligné
l'intégrité et la continuité de la culture
traditionnelle avec la culture européenne et la culture moderne
et contemporaine. Elle croit qu'il est plus juste de dire que la
culture traditionnelle et la culture moderne ont une incidence mutuelle.
Comprendre si une telle incidence est positive ou négative
" donne l'impression de répondre à une question
de goût. " Les pays qui se sont développés
rapidement ces dernières années ont la tendance de
répondre que la modernisation favorise l'innovation dans
la culture traditionnelle. La Corée (PIB par habitant de
12 628 $US en 2003) a mentionné que le vêtement traditionnel,
le han-bok, a été modifié pour être plus
facile à porter. Ce pays a également essayé
de modifier ses services commémoratifs pour qu'ils correspondent
à la vie moderne.
Les pays moins développés ou en transition ont été
les premiers à mentionner l'incidence négative de
la modernisation. Par exemple, le Mexique (PIB par habitant de 5
200 $US) a indiqué : " La culture folklorique et la
culture autochtone sont susceptibles de souffrir et même de
disparaître. La pratique culturelle qui veut que la modernisation,
l'internationalisation et la mondialisation soient continues menace
irrémédiablement de faire perdre leur identité
aux différentes cultures ". La Lettonie (PIB par habitant
de 4 400 $US) a également dit : " La préservation
des traditions et des habiletés transmises par les Lettons
est menacée par la mondialisation et l'urbanisation ".
Ces pays ne s'opposent toutefois pas à la modernisation ni
à la mondialisation et croient même qu'il n'était
pas nécessaire d'utiliser les qualificatifs " positive
" ou " négative " pour en évaluer l'incidence.
Ils savent que l'important " c'est d'agir ".
Les pays ont les compréhensions suivantes du sens de la
culture traditionnelle durant la modernisation et même dans
la société post-moderne :
Tout d'abord, la culture traditionnelle en tant que patrimoine
culturel a été surtout perçue comme un genre
de ressources économiques-des ressources pour le tourisme
culturel -tant par les pays développés que les pays
en développement. " Le Sénégal a un vaste
marché d'artisanat ... dont les exportations lui ont rapporté
5 millions de dollars américains ". En Grèce,
" l'agrotourisme mérite d'être mentionné.
" Le Mexique offre aussi des programmes culturels et d'écotourisme
comportant des " points de vente " du patrimoine culturel
et naturel. En plus des nombreux festivals folkloriques, la Slovénie
offre aussi du " tourisme religieux ". " La culture
au Royaume-Uni est riche et diversifiée...ce qui, lorsqu'on
la conjugue aux collections des musées et des galeries, attire
les visiteurs étrangers ". Au Canada, " l'incidence
économique globale des dépenses des touristes sur
les biens et services fournis par les entreprises autochtones, à
l'exception des casinos, a été de 862 millions de
dollars canadiens en 2002. Une projection en 2025 des tendances
sur les activités touristiques axées sur les peuples
autochtones a révélé que les touristes seront
de plus en plus attirés par les activités et événements
liées à la culture et au patrimoine ".
Ces patrimoines culturels sont non seulement l'éternel témoin
de l'histoire, mais aussi la source de création de la culture
moderne. Leur existence incite les artistes modernes à créer
et à pousser plus loin la réforme de la tradition
culturelle. En Islande, l'on constate un " regain d'intérêt
pour le chant traditionnel rimur, qui a influencé plusieurs
jeunes musiciens et groupes de musique populaire. " Les Coréens
ont développé un nouveau genre de musique en combinant
le samul nolee (un quartet de percussion traditionnel coréen)
avec de la musique occidentale comme le jazz.
Ces éléments du patrimoine sont non seulement vus
comme des trésors dispersés, mais aussi comme le symbole,
les caractéristiques et l'identité d'un pays, d'une
nation et d'une région. Dans ce sens, un patrimoine semblable
n'est pas qu'une sorte de ressource touristique. Il peut devenir
un avantage culturel comparatif d'un pays ou d'une région.
Il peut " rendre une région plus attrayante " (la
Suède). La Slovénie a souligné que " l'identité
nationale des Slovènes dépend de la langue et de la
culture et non du pouvoir ou de la richesse ". Le gouvernement
grec espère que les gens comprendront que " la situation
géopolitique spéciale de la Grèce et l'origine
historique de la région où celle?ci est située
ont donné naissance à un riche patrimoine culturel.
Un tel patrimoine est encore lié étroitement à
la vie quotidienne des gens ". " En Grèce, la vie
religieuse des gens, y compris les rites de l'église grecque
orthodoxe traditionnelle orientale et les liturgies quotidiennes,
reprend de la vigueur ". " Dans le cadre de cérémonies
sociales et religieuses, la musique byzantine et la musique et les
danses folkloriques jouent encore un rôle important dans la
vie des gens ". La " culture traditionnelle ", qui
est différente de la vie économique, est " vivante
" et peu connue ailleurs dans le monde. Lorsqu'on la retrouve
dans la langue, dans les religions et dans les œuvres artistiques,
les gens ont de la difficulté à croire que des grands
changements pourraient se produire en un court laps de temps.
Si les traditions " vivantes " ont ce rôle à
jouer, préservant consciemment la diversité culturelle
d'un pays ou d'une ville, surtout la culture autochtone, il en découlera
une nouvelle vision et dimension durant la modernisation. Le Royaume-Uni
a indiqué : " c'est une société multiculturelle,
multiconfessionnelle, multiethnique qui depuis longtemps accueille
des immigrants de diverses cultures. Par exemple, il se parle 200
langues différentes à Londres seulement ". La
seule préoccupation de la Suisse semble être la complexité
de la question linguistique-l'utilisation efficace de trois ou quatre
langues officielles et l'utilisation équitable de langues
minoritaires. Les gouvernements de la Suède et de la Finlande
se penchent sur les intérêts du lapon. La Suède
souligne que " le développement d'une autonomie culturelle
pour la Laponie dans le cadre du parlement lapon a créé
des conditions permettant aux Lapons, selon des limites données,
d'établir des priorités et de décider des orientations
pour la culture et les politiques lapones. " Au Canada, la
télévision d'État et les médias "
couvrent les cultures autochtones, en l'occurrence les problèmes,
les préoccupations et les affaires courantes des collectivités,
dans plus de 17 langues autochtones ", et " il est de
plus en plus évident qu'est en train de se produire une renaissance
de la culture autochtone au Canada. "
Le gouvernement chinois a également une compréhension
claire du rôle mentionné ci?dessus de la culture traditionnelle
durant la modernisation. Le gouvernement a formulé des politiques
et des règles explicites sur la protection des biens culturels
matériels ou immatériels et offert un soutien financier
considérable. Les reliques souterraines et en surface ont
été protégées et organisées.
Au cours des vingt dernières années, un grand nombre
d'éminents universitaires et experts chinois ont collaboré
à une collection (298 volumes) en dix parties sur l'histoire
de l'art folklorique et l'art national de Chine. D'ici la fin de
l'année, ceux?ci termineront leurs travaux qui seront publiés
avant la fin de 2006. Ce projet est connu comme la " Grande
Muraille " de protection de la culture nationale et folklorique
de la Chine. Depuis 2003, sous la direction du nouveau gouvernement,
un important projet étatique axé sur la protection
du patrimoine immatériel est en cours. L'on prévoit
que dans un avenir prochain, le monde pourra voir un plus grand
nombre des splendides joyaux de la culture chinoise traditionnelle.
En fait, la sensibilité accrue à l'égard de
la diversité culturelle illustre le respect à l'égard
du droit des minorités nationales, ethniques et autochtones
à se développer tout en montrant la volonté
des peuples modernes de protéger le mode de vie de ces minorités
et des groupes désavantagés comme des solutions de
rechange susceptibles d'inspirer de nouveaux styles de vie. C'est
seulement à ce moment?là que l'expression " culture
traditionnelle durant la modernisation " aura pris tout son
sens.
Il ne fait aucun doute que le terme " modernisation "
ne signifie non seulement " efficience ". Il renferme
aussi de nouvelles valeurs morales, mais les nations qui ont d'abord
entrepris une modernisation ont découvert, tôt ou tard
ou à un degré plus ou moins élevé, que
celle-ci a des inconvénients et peut occasionner une crise
culturelle. Ainsi, vers la fin du XXe siècle, les pays ont
commencé à sentir qu'ils manquaient d'orientation
et que leur vie culturelle était moins riche qu'avant. Cela
montre que les pays en développement ne peuvent tout simplement
pas copier le modèle de modernisation des pays développés.
Ils doivent explorer de nouvelles façons plus efficaces en
matière de modernisation. Les traditions culturelles et les
cultures traditionnelles ont été ramenées au
cours de la poursuite de solutions de rechange à développer.
C'est une question qui a été rouverte au milieu de
la poussée vers la modernisation. Par conséquent,
le débat sur la culture traditionnelle ne sert à rien
s'il s'appuie simplement sur l'ethnologie et l'anthropologie.
Que peut faire la modernisation pour la culture traditionnelle?
Comparativement à la culture traditionnelle, la modernisation
fait référence au marché mondialisé
et à ses règles ainsi qu'aux technologies, aux villes
et aux médias reliés à l'économie. Dans
une certaine mesure, ces éléments représentent
ce qui manque à la culture traditionnelle. Les faits montrent
que plus un pays est moderne, plus celui?ci est capable de protéger
tant son patrimoine culturel que celui de toute l'humanité
et des autres nationalités, et de s'en servir. Dans un tel
pays, les citoyens peuvent jouir de leurs droits culturels. À
mesure que la demande des citoyens à l'égard de la
culture augmente, le marché offre de meilleures conditions
favorisant la protection et un bon usage de la culture traditionnelle
surtout en développant des industries culturelles
Nous avons vu les façons modernes et efficaces suivantes
qui sont utilisées pour préserver, populariser et
développer la culture traditionnelle :
Les progrès scientifiques constituent un aspect important
de la modernisation. En ce qui concerne les produits et services
culturels, le secteur des médias modernes des industries
culturelles possède deux technologies clés, à
savoir le recodage et la duplication. Dans le cas de la première,
les médias peuvent transformer avec précision les
œuvres culturelles originales en produits et services culturels.
Dans le cas de la deuxième, les médias s'en servent
pour faire la communication de masse et le marketing. Des techniques
d'impression et de radiodiffusion et des technologies numériques
sont élaborées et constamment mises à jour.
Pour ce qui est du patrimoine culturel, y compris le patrimoine
immatériel, la société moderne l'enregistre
et le conserve puis réalise un recodage haute fidélité
et multimédia. La France a indiqué que " la modernisation,
surtout les techniques et technologies nouvelles et anciennes, a
contribué à la grande popularisation et à une
meilleure compréhension du patrimoine de notre pays. En outre,
les organismes gouvernementaux ont aussi encouragé le développement
de banques de données et de sites Web qui présentent
notre patrimoine culturel. Depuis1996, le ministre français
de la culture effectue une gestion numérisée des ressources
que possèdent diverses institutions culturelles. De 1996
à 2001, plus de deux millions d'images ont été
numérisées par la Bibliothèque nationale de
la France, la Société des musées nationaux
et l'Institut national de l'audiovisuel et la Bibliothèque
publique de l'information ". Le Conseil du patrimoine national
de la Suède a mis en œuvre les " cartes historiques
numériques " ou le " projet d'information sur les
monuments anciens ", fournissant des connaissances et une expertise,
ainsi qu'une supervision de l'environnement culturel. Le site Web
du gouvernement du Royaume-Uni, dont l'adresse est le www.24hourmuseum.org.uk,
fournit de l'information sur tous les musées et galeries
du pays, un magazine, des outils de recherche et des ressources
didactiques. Le site fournit aussi de l'information en ligne pour
plus de 2 500 institutions. Le Sénégal a également
mis sur pied un site Web pour la protection du patrimoine. La République
de Maurice " a transposé sur microfilm tous les documents
classés ". La Norvège a créé un
organisme de développement ABM - utvikling chargé
d'accroître et de coordonner les ressources concernant les
archives, les bibliothèques et les musées. Elle a
également mis sur pied un programme de bibliothèque
numérique. Une protection de haute technologie semble être
le meilleur choix à l'égard du patrimoine culturel.
L'économie de marché est le principal indice de la
modernisation. L'histoire a prouvé qu'elle constitue un moyen
efficace d'assurer la répartition des ressources. Pour veiller
à la protection du patrimoine culturel, il faut que le gouvernement
lui accorde un soutien financier. Cependant, dans une économie
de marché standardisée, la protection du patrimoine
et le développement des industries culturelles peuvent se
compléter. Comme il a été mentionné
précédemment, le patrimoine culturel, en tant que
ressource touristique, a contribué au développement
du tourisme moderne. Ce point ne sera pas discuté plus longuement.
Dans les pays en développement qui marquent une forte tendance
vers l'économie de marché, les gouvernements appuient
les interventions effectuées sur le marché dans le
cadre du développement de la culture traditionnelle et du
patrimoine culturel. Le gouvernement du Sénégal a
offert un soutien à l'industrie culturelle en mettant sur
pied un système judiciaire et financier. Dans le domaine
des instruments de musique, un projet de loi a été
formulé en vue de la protection des techniques traditionnelles,
et des allègements fiscaux ont été instaurés.
Au Mexique, la situation semble même meilleure. " Dans
le domaine de l'artisanat, si l'on ne tient pas compte des articles
mal faits vendus à des touristes peu exigeants aux aéroports
et dans des marchés désignés à tort
comme des marchés d'artisanat, l'on constate un dynamisme
qui montre ce qui se passe en matière de production d'articles
de luxe réservés à la décoration et
à un usage quotidien. Grâce à eux, les artisans
peuvent découvrir un domaine en expansion fondé sur
leurs connaissances techniques des méthodes de production
traditionnelle et sur leur propre créativité pour
approvisionner un marché qui exige des produits correspondant
à ses besoins et qui compte sur eux pour préserver
l'originalité de leur culture ".
Les médias, surtout la diffusion, la télévision,
les journaux et les périodiques, sont le résultat
d'une intégration de technologies modernes et du marché,
ayant par conséquent une nature publique spéciale
et un rôle éducatif à jouer. À une époque
où l'économie fondée sur le savoir progresse
rapidement, les médias sont devenus un secteur clé
des industries culturelles. En Slovénie, " en plus d'avoir
été témoin durant la dernière décennie
de la mondialisation, on a assisté aux efforts spontanés
déployés pour découvrir ses propres racines
et au besoin de prouver son identité (p. ex., l'utilisation
de dialectes a connu un regain auprès des jeunes; il est
plus fréquent qu'avant de voir des journaux locaux et des
stations de télévision régionales; la restauration
du patrimoine culturel et de monuments, en tant qu'expression de
l'identité locale, se fait avec un zèle grandissant)
". Les gouvernements de divers pays s'entendent pour protéger
le patrimoine culturel et populariser la culture traditionnelle.
" Parmi les autres mesures visant à promouvoir l'utilisation
des médias modernes comme moyen d'expression de la culture
autochtone, le gouvernement du Canada fournit un soutien financier
au réseau APTN (Aboriginal Peoples' Television Network),
réseau de télévision par câble national
appartenant entièrement aux peuples autochtones, pour joindre
par satellite les communautés autochtones du Nord et en région
éloignée ". " Le comité fédéral
de la Suisse a approuvé une modification juridique sur la
diffusion et la télévision en 2002. Le projet de loi,
concernant les langues ethniques et l'unité ethnique, contient
une obligation voulant que la Société de radiodiffusion
suisse offre des programmes radiophoniques et télédiffusés
de qualité égale dans trois langues officielles. Par
ailleurs, les demandes spéciales des résidents de
la région où le romanche est parlé doivent
être satisfaites. La compagnie doit utiliser ses revenus à
parts égales pour le développement des diverses régions
linguistiques..., mais les langues standard doivent être utilisées
pour couvrir les sujets d'intérêt national ".
Les établissements d'enseignement modernes profitent également
du fait qu'ils font connaître les cultures traditionnelles.
Mentionnons par exemple la Grèce. Celle?ci a mis sur pied
des collèges pour enseigner comment conjuguer les techniques
traditionnelles et les techniques modernes de créativité.
Parmi ces établissements, on compte le centre d'art byzantin
situé dans la région nord-ouest de Kastorias, où
la fabrication d'instruments de musique traditionnels et la manière
d'en jouer sont enseignés, le collège de fabrication
de bijoux en or et en argent situé à Stemnista (Arkadias-Pelopónnisos),
et le collège de sculpture sur marbre sur l'île de
Tinos (île des Cyclades). Le gouvernement canadien a pris
conscience de ce que la " modernisation a permis d'archiver
par numérisation et de conserver les enseignements des aînés
autochtones, afin que les jeunes générations puissent
en bénéficier un jour ". À Roros (Norvège),
un programme d'adoption d'une maison a été mis sur
pied. " Il s'agit d'une collaboration entre l'école
primaire et secondaire de Roros et le musée de Roros. Chaque
classe " adopte " une maison ou un autre site du patrimoine
culturel à Roros et grâce à une participation
active en vue de la collecte d'information sur chaque maison ou
site, les étudiants acquièrent une compréhension
de la gestion du patrimoine culturel ". Après tout,
l'instruction moderne est bénéfique pour l'enregistrement
et la conservation du patrimoine culturel et pour transmettre l'information
sur les cultures traditionnelles aux jeunes générations.
Conflit et réconciliation entre la protection de la culture
traditionnelle durant la modernisation
La culture traditionnelle et la modernisation sont deux différents
aspects de l'histoire de l'humanité. Certains de leurs éléments
font qu'elles sont en conflit, et la façon d'en arriver à
tirer parti de leurs avantages mérite réflexion.
L'échec des marchés est une forme d'expression de
conflits. Il est inévitable que l'intérêt des
marchés envers le patrimoine culturel ou la culture traditionnelle
soit sélectif. Les entreprises prennent des mesures à
court terme pour faire des profits, causant des effets négatifs
graves. L'Espagne a exprimé son inquiétude. "
De nombreuses choses qui ont été recommandées
en tant qu'ancien folklore ont habituellement une vie très
courte (cinq à dix ans). Par ailleurs, de nombreux aliments,
considérés comme étant faits à la main,
sont en fait des produits industrialisés ". " Si
cette tendance se maintient, tous les articles marchands de la culture
traditionnelle seront commercialisés, et les choses invendables
disparaîtront. Si les produits sont susceptibles d'être
des biens de consommation, ils seront conservés, mais leur
essence s'évaporera. ... Il en est ainsi des festivals. Les
activités auxquelles participent les gens d'une région
sont devenues un moyen d'attirer les touristes. Seuls les éléments
les plus distrayants seront conservés ". Si tel est
le cas, la tradition conservée par choix du marché
sera incomplète ou même dénaturée.
Le gouvernement mexicain a également vu le problème
sous un autre angle. Dans les civilisations urbaines modernes, "
les gens sont de simples consommateurs. Ils ne sont plus des créateurs.
Le monde est en train de devenir peu à peu identique ".
Une telle perspective culturelle est troublante.
Le gouvernement devrait agir afin de contrer l'échec des
marchés. À cet égard, nous avons remarqué
la différence entre le Mexique et le Canada. Le gouvernement
mexicain souligne que " le tourisme culturel ou les projets
d'écotourisme qui mettent en valeur les ressources nationales
et culturelles comme principale attraction sans la participation
de la communauté peuvent nuire à l'expression culturelle
des communautés qui, en raison de leur caractère populaire
ou traditionnel, n'a pas de contexte. Néanmoins, lorsque
la communauté contrôle l'offre (pour montrer les ressources)
et accorde un soutien aux expressions représentatives et
permanentes des acteurs sociaux des communautés culturelles,
elle peut veiller à ce que le processus ne soit pas statique
(conservant et transmettant), mais dynamique, actif et transformateur;
par conséquent, elle permet le développement de stratégies
qui lui sont propres pour participer au marché ".
Le Canada indique : " Le défi consiste à trouver
l'équilibre entre la promotion des traditions culturelles
d'une façon qui soit appropriée selon les cultures
et la commercialisation et la conception de forfaits culturels ".
Le Canada fournit l'exemple suivant : " Le Rassemblement national
sur les cultures et le tourisme autochtones (en décembre
2003) a discuté du sens d'une " expérience authentique
". Cela signifie-t-il s'initier et participer aux traditions
autochtones et aux coutumes du passé, ou une visite guidée
le long d'un sentier de piégeage en compagnie d'un guide
autochtone? Dans les deux cas, " le défi consiste à
savoir comment informer le public au sujet de ce qu'il attend de
son expérience authentique de la culture pour que la communauté
et le visiteur en tirent profit ". Un tel débat est
d'une importance universelle pour le développement de l'industrie
culturelle dans divers pays et permet de trouver une façon
d'assurer le développement soutenu du tourisme lié
au patrimoine culturel.
Dans le cadre de la mondialisation, la concurrence économique
internationale peut mener indirectement à un comportement
à court terme. Voilà donc le dilemme : le développement
du patrimoine culturel à l'aide de moyens modernes pourrait
offrir la possibilité à un groupe ou une région
ethnique en particulier, surtout les moins développés,
de réaliser des progrès considérables, mais
la modernisation des pays moins développés se fait
dans un environnement international différent de celui des
pays développés. Il semble que la concurrence internationale
et le développement intérieur exerce des pressions
plus fortes sur les pays en développement. La modernisation,
qui aurait dû s'accomplir complètement et lentement,
pourrait faire place à une croissance économique insoutenable.
Les politiques financières des gouvernements en matière
de facteurs de production ne facilitent pas la protection du patrimoine
culturel. Elles sont motivées à un degré plus
ou moins grand par des objectifs spéculatifs. Ainsi, en certains
endroits de la Chine, les gouvernements peuvent présenter
une demande pour qu'un bien culturel fasse partie du patrimoine
mondial tandis que le même bien peut être menacé
par un développement industriel ou touristique excessif.
Une modernisation accrue pourrait fournir les conditions économiques,
les technologies et les modes de communication nécessaires
à la protection et à l'utilisation des ressources
culturelles. Mais de telles occasions ne se produisent pas nécessairement
de façon équilibrée. Dans le cas des pays développés,
la protection du patrimoine culturel générera des
avantages économiques. Nous avons remarqué que les
gouvernements centraux des pays développés ont affecté
des ressources considérables à la protection, ce qui
fait l'envie des pays en développement. Plus un pays est
développé, plus ses administrations locales injecteront
également de l'argent. Toutefois, le patrimoine culturel,
qui appartient à l'humanité, ne se trouve pas uniquement
dans les pays développés.
La protection du patrimoine culturel dans les pays en développement
est menacée tout d'abord par un manque de ressources financières
et technologiques. Une des raisons qui explique le manque de fonds
de ces pays est le faible degré d'accès aux marchés.
Il est évident que le processus de modernisation devrait
se poursuivre tandis que la protection du patrimoine culturel devrait
progresser en même temps que la mise sur pied et l'expansion
d'industries culturelles. En Chine, la réforme du système
culturel a été mise au programme. Durant la réforme,
le gouvernement soutiendra le développement des institutions
culturelles qui génèrent des profits et des organismes
culturels sans but lucratif-qui sont plus susceptibles de relever
le défi que représente la mondialisation de l'économie
afin que les traditions culturelles profondément enracinées
deviennent un élément efficace d'une croissance économique
globale, saine et bien coordonnée grâce à l'innovation.
Après tout, l'essence de la culture est la créativité.
Création continue et découverte, expression et échange,
reconnaissance et interprétation sont le moteur de la culture.
Par conséquent, simplement protéger la culture traditionnelle
ne suffit pas. Lorsque nous protégeons la culture traditionnelle,
nous devons chercher à exposer le gène de la créativité
qui s'y cache, dans le but de libérer complètement
les éléments de vérité qui existent
dans la culture traditionnelle et la tradition culturelle. Nous
devons soutenir la culture et faire en sorte qu'elle continue d'être
distincte, moderne, locale et ethnique. Il faut transformer la culture
traditionnelle en un système ouvert.
En partant de ce principe, nous devons intensifier les échanges
culturels et encourager la diversité culturelle. Protéger
la culture traditionnelle en vase clos ferait mourir la tradition.
Ce n'est que lorsque les gens comparent leurs traditions culturelles
avec d'autres traditions culturelles qu'ils peuvent avoir une idée
claire des leurs. Ce n'est qu'en comparant de nombreuses cultures
que les gens peuvent acquérir une profonde compréhension
de la structure culturelle et de sa structure de pouvoir. Grâce
à un vrai dialogue entre différentes langues, coutumes
et religions, les gens peuvent mettre au jour le sens profond de
leur propre culture et enrichir leurs connaissances en s'informant
et en apprenant graduellement. Par conséquent, un échange
culturel devrait comporter deux volets : d'un côté,
la culture intérieure devrait sortir et d'un autre côté,
la culture d'ailleurs devrait entrer. Nous avons remarqué
que le gouvernement allemand a particulièrement souligné
l'application transnationale des langues. " La Slovénie
a été très active dans le domaine de la coopération
internationale pendant de nombreuses années....l'échange
d'expériences est toujours la bienvenue et les offres intéressantes
de l'étranger en matière de culture sont souvent alléchantes.
Grâce à des échanges semblables, nos contenus
culturels s'améliorent tous les jours ". La politique
de la Croatie est plus explicite. " Le pluralisme culturel
(esthétique et multiethnique), l'autonomie en matière
de création, l'augmentation et la diversification des sources
de financement de la culture, le développement culturel polycentrique,
encourageant la participation culturelle entre le secteur public
et privé en vue d'accroître l'efficience, la qualité,
l'emploi et l'innovation, et le but le plus ambitieux de tous, faisant
de la culture le centre d'intérêt du pays ". En
fait, la diversité culturelle vise à bien faire comprendre
les autres cultures et à faire accepter des valeurs différentes.
Dans un avenir mondialisé, l'on trouvera sûrement
une grande variété de nouvelles formes d'expression
culturelle. La diversité culturelle revêtira une nouvelle
forme-elle variera en apparence et en pensée, plutôt
que d'être des symboles culturels statiques avec des limites
ethniques; l'on verra des créations qui absorberont diverses
traditions et caractéristiques ethniques, plutôt que
de simples produits ou services d'une localité ou d'un groupe
ethnique. Aujourd'hui, nous défendons la diversité
culturelle et exigeons la protection du patrimoine culturel en vue
de fournir des choix sur le plan de la culture et des modes de vie
plus nombreux aux gens dans l'avenir. Nous avons aussi remarqué
que pour améliorer le développement de l'industrie
culturelle, de nombreux pays ont mis en œuvre une politique
industrielle explicite. L'une des principales caractéristiques
de ces politiques est le soutien stratégique offert aux organismes
de création et aux projets de particuliers. La reconnaissance
d'une aide financière efficace aux gens qui ont fait preuve
d'une véritable créativité, particulièrement
en innovant à partir de la culture traditionnelle, est devenue
un test pour la politique culturelle d'un État.
Défis communs auxquels nous sommes confrontés
En entrant dans le XXIe siècle, nous avons réalisé
l'ampleur toujours plus grande de la culture dans les échanges
mondiaux. La tendance universelle veut que la promotion du développement
culturel et socioéconomique passe par l'essor des industries
culturelles. Par conséquent, la mobilisation de plus de ressources
culturelles, l'accroissement de la concurrence culturelle et l'amélioration
du commerce international des produits et services culturels sont
devenus un objectif important des politiques culturelles de divers
pays.
Par ailleurs, les pays, surtout leurs ministères de la culture,
font face à de nouveaux défis. Parmi ceux-ci, les
plus graves ne tiennent pas à l'insuffisance de produits
et services culturels, au manque de contenu dans les médias,
aux échecs en matière de préférence
des marchés ou à la protection insatisfaisante des
droits de propriété intellectuelle dans certains pays
en développement. La question la plus importante est de savoir
comment la préservation et le soutien de la culture traditionnelle-un
sujet qui semble lié seulement à son propre développement-et
la protection de la diversité culturelle-un sujet qui ne
peut être assuré que par chaque pays-peuvent?ils devenir
l'objet d'une coopération soutenue à grande échelle
dans un cadre international? Comment pouvons?nous trouver des tendances
bénéfiques pour tous dans lesquelles nos propres cultures
traditionnelles sont soutenues tandis que d'autres traditions et
cultures modernes sont introduites? Cette question est encore plus
importante pour les pays en développement. Leur pouvoir économique
est tellement faible qu'ils trouveraient difficile de protéger
leur patrimoine culturel avec la même force.
Les efforts de l'UNESCO, de l'Union européenne et du RIPC
ont rendu les peuples optimistes. De la Grèce à la
Slovénie, les nations prennent une part active aux échanges
culturels internationaux dans le cadre de l'Union européenne.
La Convention internationale sur la protection de la diversité
des contenus culturels et des expressions artistiques que l'UNESCO
prépare renfermera des stipulations sur les principes généraux
qui faciliteront la coopération internationale ainsi qu'une
proposition détaillée sur l'établissement d'une
fondation. Nous espérons savoir s'il est possible que les
projets de l'Union européenne soient ouverts à un
plus grand nombre de pays, et, dans le cadre de travail du RIPC,
s'il est possible que les patrimoines matériels et immatériels
de plusieurs pays soient montrés dans les pays membres. De
cette façon, les nations pourraient encourager, certes, le
développement des industries culturelles sur le marché,
mais aussi mettre en œuvre des procédures intergouvernementales
et internationales là où le marché connaît
des échecs, améliorer et diffuser de manière
plus efficace la culture traditionnelle et la diversité culturelle,
et inspirer l'imagination et la créativité des gens
pour le bien futur de l'humanité. Nous espérons voir
naître de nouveaux modèles de coopération.
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