Sommaire exécutif : étude comparative similarités
et divergences
Avec seulement cinq pays membres du réseau international
des politiques culturelles participants, soit l'Afrique du Sud,
la Suisse, le Canada, les Philippines et le Mexique, a eu lieu du
mois de décembre 2001 au mois d'avril 2002 la réunion
virtuelle convoquée par la dernière nation citée.
L'objectif premier était d'examiner les différentes
possibilités que le patrimoine culturel, tangible et intangible
(traditionnel, contemporain et industriel) peut offrir pour le développement
économique et social des nations.
En guise de conclusion, on peut dire que cette réunion virtuelle
a permis, par le biais du site agora du réseau, de se familiariser
avec les divers établissements qui s'occupent du patrimoine
culturel desdits pays, les lois établies pour la protection
de ce dernier, l'utilisation de la technologie la plus moderne pour
l'enregistrer et l'identifier, l'importance qui est accordée
au patrimoine intangible ainsi que la participation de la société
civile, l'exploitation du tourisme culturel, les stratégies
et les ressources pour la préservation de la richesse culturelle
de ces peuples et la fonction des grands organismes internationaux
en appui à la conservation du patrimoine du monde.
L'information recueillie sur Internet nous renseigne sur les méthodes
de travail touchant le patrimoine culturel qui ont été
élaborées dans cinq pays provenant de quatre continents
: l'Afrique, l'Amérique, l'Asie et l'Europe. Nous les présentons
de manière succincte dans ce qui suit.
Le patrimoine intangible :
Les membres du Réseau international des politiques culturelles
espéraient que dans cette réunion le Groupe de travail
sur le patrimoine culturel se pencherait principalement sur le patrimoine
intangible, étant donné que c'est ce à quoi
les organismes internationaux ont le moins prêté attention.
C'est pour cette raison que nous avons posé la question suivante
: Quel rôle joue le patrimoine intangible dans le développement
socio-économique de votre pays? Question qui a obtenu
diverses réponses.
Les gouvernements de l'Afrique du Sud et des Philippines ont pleinement
reconnu la signification du patrimoine intangible, lui accordant
une place prioritaire au sein de leurs activités culturelles.
En contrepartie, le gouvernement suisse a accepté que la
signification du patrimoine intangible n'est pas encore définie
clairement et qu'il ne dispose pas d'indicateurs qui lui permettent
de mesurer son impact sur le développement socio-économique
du pays. Le Canada a clairement défini le concept de patrimoine
intangible et effectue actuellement des recherches dans tous les
coins de la nation pour identifier les collections de ce patrimoine.
Pour sa part le Mexique signale le manque de reconnaissance par
les autorités gouvernementales du patrimoine intangible,
obstacle qui empêche les progrès dans la préservation
et développement.
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Les institutions :
À cet égard tous les pays qui ont participé
à cette réunion virtuelle peuvent compter avec des
institutions ou des organismes consacrés à la préservation
et à la promotion de leur patrimoine culturel.
Les progrès technologiques :
La majorité des pays impliqués convenaient qu'il
fallait souligner l'importance des innovations technologiques pour
l'administration et la gestion de leur patrimoine culturel. Ainsi
la Suisse a présenté deux projets qui reposent sur
la technologie actuelle, comme le CHOICE, créateur d'une
plate-forme commune d'outils mis à la disposition du public
et dans lequel s'insèrent des documents régionaux
ainsi que des aspects financiers, et le projet d'énumérer
et d'identifier la collection photographique des Archives fédérales
des monuments historiques et en donner ainsi accès au public.
Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP)
estime avoir fait, au cours des 30 dernières années,
le meilleur usage de la technologie pour la bonne gestion de ses
collections. Aux Philippines on reconnaît que l'Internet a
facilité l'échange d'information et que les liens
dans le cyberespace sont très utiles. Le Mexique quant à
lui a aussi effectué cette activité en numérisant
environ 70 mille monuments historiques catalogués à
ce jour, sur un total estimé à 110 mille dans tout
le pays. Cela permet de consulter facilement les données
les plus importantes sur cette richesse culturelle.
Les mesures législatives :
Un des aspects fondamentaux de la protection du patrimoine culturel
est, sans aucun doute, les mesures législatives établies
à cette fin. La plupart des pays participants disposent à
cet égard d'une série de lois, de textes législatifs
et de déclarations récentes, à l'exception
du Mexique dont la loi la plus récente remonte à 1972.
Les acteurs sociaux :
En tant que co-responsable du patrimoine culturel, la société
civile joue un rôle fondamental dans la préservation
et la promotion de celui-ci. À cet égard, tous les
pays ont fait savoir qu'ils comptent sur des organismes non gouvernementaux
et civils qui collaborent avec l'État.
Le tourisme culturel :
Dans la recherche d'un point d'équilibre entre les aspects
sociaux et économiques positifs de ce qu'il est convenu d'appeler
le tourisme culturel et la nécessité de protéger
le patrimoine, les pays participants à cette Réunion
virtuelle ont convenu que le facteur tourisme était un fournisseur
de ressources pour le développement économique et
social des communautés qui possèdent un patrimoine
culturel. C'est le cas de l'Afrique du Sud où le gouvernement
a lancé, comme moyen d'aider à mitiger la pauvreté
de certains sites, l'initiative de créer des emplois durables
basés sur le développement de produits artisanaux.
Pour le gouvernement suisse la relation entre patrimoine et tourisme
est toutefois un sujet de discorde.
Pour le Canada le tourisme culturel et naturel peut aider les économies
de centres grands et petits, créant des occasions d'établir
des commerces et de générer des emplois. Les Philippines
comptent avec la Commission nationale pour la culture et les arts
au sein de laquelle la fonction touristique ressortit au ministère
de Tourisme. La plupart des programmes culturels de cette Commission
sont étroitement liés au développement du tourisme
culturel, considérant à la fois le social et l'économique.
La diversité culturelle du Mexique a un énorme potentiel
d'impact sur le développement économique et social
du pays à travers le tourisme culturel et par ailleurs peut
offrir des solutions aux problèmes de pauvreté par
le biais de la créativité et de la productivité.
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Stratégies et ressources pour la préservation du
patrimoine culturel :
En ce qui a trait aux actions menées en vue d'une gestion
efficace du tourisme culturel, de la planification de celui-ci,
de l'accès adéquat au développement et des
stratégies à long terme pour la préservation
de leur patrimoine culturel, les cinq pays ont clairement établi
leur posture. En Afrique du Sud, le DACST (= ministère des
arts, de la culture, de la science et de la technologie) a créé
un secteur consacré au tourisme culturel, chargé de
faciliter les occasions de formation ou de sensibilisation des groupes
culturels et d'assurer qu'ils sont plus instruits en matière
financière et plus compétitifs au sein de l'industrie
touristique.
La Suisse a reconnu ne pas disposer actuellement de mesures gouvernementales
à long terme pour la préservation du patrimoine culturel.
Les autorités philippines encouragent le tourisme culturel
comme moyen d'obtenir des échanges culturels constructifs
de diverses formes, conformes à la région et aux cultures
concernées. Quoiqu'il dispose d'un des budgets les plus faibles
de toutes les institutions fédérales du Mexique, le
Secrétariat du tourisme élabore et applique les politiques
touristiques dans tout le pays, analyse les données statistiques
relatives entre autres au nombre de visiteurs, aux ressources affectées,
aux endroits visités, à l'occupation hôtelière.
Le tourisme est la troisième activité nationale en
termes d'entrée de ressources au pays, celle qui présuppose
le plus important investissement de ressources.
Le patrimoine intangible et le tourisme culturel :
Un des sujets les plus intéressants de la Réunion
virtuelle a été celui-ci. En effet c'est un des filons
les moins explorés jusqu'ici et qui pourrait apporter le
plus à de nombreuses communautés qui souffrent de
pauvreté sociale et économique. Le gouvernement suisse
a souligné le besoin de renforcer l'appui aux traditions
populaires pour éviter la perte du savoir, des connaissances,
mais aussi pour préserver la qualité du produit, garantissant
ainsi son intégration éventuelle dans un cadre touristique.
En matière d'intégration du patrimoine intangible
dans le tourisme culturel, les Philippines ont fait certains efforts
dernièrement, par exemple, la récente proclamation
par l'UNESCO du Chant de l'exploit des Ifugao - le hudhud - comme
patrimoine intangible de l'humanité.
Le Mexique conçoit le patrimoine intangible comme une ressource
culturelle qui, doublée de l'infrastructure et des services
nécessaires, peut se convertir en un produit touristique
générateur d'avantages économiques et de bien-être
social pour la collectivité.
La législation et le patrimoine intangible :
Étant donné que les mesures législatives pour
préserver le patrimoine intangible ne sont pas aussi développées
que celles pour le patrimoine tangible, on espérait dans
cette réunion virtuelle dresser un catalogue des lois touchant
la protection et la conservation du patrimoine intangible. Les dites
lois ne les abordent cependant pas directement, mais en relation
toujours avec le patrimoine en général. Le gouvernement
de l'Afrique du Sud se trouve dans cette situation, mentionnant
une à une quatre lois spécifiques qui datent de la
fin des années quatre-vingt-dix. Les autorités suisses
aussi emboîtent parfaitement ce pas en affirmant que les mesures
de protection du patrimoine intangible sont implicites dans ses
lois patrimoniales en général. La Suisse a reconnu
qu'il n'y a pas de mesures législatives comme celles en faveur
du patrimoine culturel intangible.
Pour sa part, le gouvernement canadien n'a pas signalé l'existence
de lois ou règlements sur le patrimoine intangible. Par contre
il a fait allusion au défi qu'il a de pouvoir travailler
ledit patrimoine conjointement avec les gouvernements des provinces,
lesquels conviennent que le patrimoine intangible joue un rôle
très important dans les politiques de ces régions.
La Commission nationale pour la culture et les arts aux Philippines
a approuvé la création d'un Comité du patrimoine
intangible conjointement avec un Comité législatif
des trésors vivants, pour s'occuper de l'identification,
de l'enregistrement, de la protection, de la conservation, de la
diffusion et de la promotion du patrimoine culturel intangible.
La seule disposition juridique qui concerne le patrimoine immatériel
du Mexique figure à l'article 2º de sa Constitution
politique visant la préservation des cultures des ethnies
indigènes du Mexique. Il est honteux qu'on ne dispose pas
d'une loi spécifique qui traite plus en profondeur de ce
domaine à protéger.
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Les organismes internationaux :
Dans ce monde globalisé, la protection et la préservation
du patrimoine culturel et naturel concernent toutes les nations.
Pour s'occuper de ces activités des organismes comme l'UNESCO,
l'ICOMOS (= Conseil international des monuments et des sites), l'UICN
et la Banque mondiale entre autres se sont hissés au rang
d'agences principales pour la promotion dudit patrimoine et l'appui
à celui-ci. Les pays qui ont répondu à cette
Réunion virtuelle participent d'une manière ou d'une
autre aux programmes, forums et conventions des organismes cités.
Instruments et méthodologies pour la promotion du patrimoine
culturel :
Pour cette dernière question, l'objectif était d'échanger
des informations relatives aux catalogues, aux lois, aux plans de
gestion et de planification urbaine, etc. comme autant de méthodes
employées par les pays du Réseau pour favoriser le
patrimoine culturel. Dans le cas de l'Afrique du Sud, la promotion
de son patrimoine se fait à travers des structures législatives
dont les résultats sont reflétés dans la création
de l'Agence des ressources pour le patrimoine sud-africain responsable
de la protection et de la gestion du patrimoine culturel au niveau
de l'État.
Les instruments employés par la Suisse sont ceux décrits
dans les remarques concernant sa législation ainsi que la
réalisation d'inventaires fédéraux. Le ministère
du Patrimoine canadien dispose d'instruments ou de méthodes
plus clairs, dont la série de programmes conçus pour
préserver et promouvoir son patrimoine culturel. En ressort
la grande diffusion de ce programme où l'assistance aux musées
est fondamentale pour que ce soient les hôtes eux-mêmes
- les actuelles et futures générations de Canadiens
- qui connaissent à fond leur patrimoine culturel, naturel,
artistique et scientifique. Quand il s'agit de mettre au point des
méthodologies ou des stratégies pour la promotion
du patrimoine intangible, les Philippines affirment que cet aspect
est le plus difficile à maîtriser. La réponse
mexicaine à cet égard s'appuyait sur sa législation
en vigueur, laquelle fixe le schéma méthodologique
suivant fondé sur les trois buts essentiels : 1) l'identification
des biens à protéger en déclarant juridiquement
des monuments inclus dans les biens que la Loi reconnaît comme
monuments, 2) les mesures de contrôle des activités
des particuliers, au moyen de divers actes juridiques comme le Registre
des biens culturels, la délivrance de licences et de permis
et le cas échéant l'application d'amendes, et 3) d'autres
mesures dont l'encouragement, comme les incitatifs fiscaux, et la
promotion pour la création d'associations civiles, de conseils
de quartiers ou de syndicats de paysans pour la protection des monuments
ou zones de monuments.
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