Rapport sommaire de réunion internationales concernant
le RIPC
Introduction :
Les membres du RIPC ont chargé le Bureau de liaison de suivre
sur la scène internationale les conférences tenues
relativement à la question de la politique culturelle - et
d'y assister si possible -, le tout dans le but de rédiger
à leur sujet une analyse sommaire qui servira de soutien
aux discussions du Réseau.
Cette année, le Bureau de liaison a relevé quatre
réunions internationales dont les thèmes touchaient
aux activités du RIPC. Ces quatre réunions sont décrites
brièvement dans le présent document, et, pour chacune
d'elles, une liste de questions à examiner par le Réseau
est présentée. À la fin du document, on trouve
une section sur les tendances, c'est-à-dire les idées
et les thèmes généraux qui ont été
abordés à plusieurs de ces réunions.
31e conférence générale de l'UNESCO : Diversité
culturelle et protection du patrimoine pour une compréhension
mutuelle - Paris, France, du 15 octobre au 3 novembre 2001
Description :
Deux cent trente ministres et ministres délégués
de la culture ont assisté à la 31e Conférence
générale de l'UNESCO; à cette occasion, ils
ont approuvé les priorités de cette organisation,
au nombre desquelles figurent l'enseignement de base; la préservation
des sources et des écosystèmes d'eau douce; la promotion
de l'éthique dans les sciences et la technologie, de la diversité
et du dialogue interculturel; et l'accès universel à
l'information.
Les participants ont aussi adopté la Déclaration
universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle, qui
est centrée sur les valeurs que sont le respect, le partage,
la tolérance, le dialogue et la coopération entre
les peuples et les cultures. Cette déclaration sera en outre
accompagnée d'un plan d'action en vingt points.
Enfin, on a ratifié la Convention sur la protection du patrimoine
culturel subaquatique, et la Conférence générale
a demandé à l'UNESCO de préparer un projet
de Déclaration contre la destruction intentionnelle du patrimoine
culturel, dans le but de renforcer les dispositions figurant dans
les conventions internationales existantes en matière de
protection du patrimoine culturel.
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Questions à considérer :
On a soulevé, lors des débats ainsi que dans la
Déclaration universelle sur la diversité culturelle,
diverses questions, notamment :
- Quelle importance la diversité culturelle a-t-elle pour
l'humanité?
- Quel est le rapport entre la diversité culturelle et
les droits de la personne?
- Comment la diversité culturelle peut-elle être
source de créativité?
- Comment peut-on harmoniser la diversité culturelle et
la solidarité internationale?
Les grandes lignes du Plan d'action proposent diverses pistes
d'enquête :
- Quelles sont les répercussions de la diversité
culturelle sur l'élaboration des politiques nationales?
- Comment peut-on encourager la diversité linguistique
tout en respectant la principale langue vernaculaire?
- Comment peut-on promouvoir la " culture numérique
"?
- Comment peut-on combler le " fossé numérique
"?
Dans une optique plus générale, comment les États
peuvent-ils coopérer avec l'UNESCO à l'élaboration
de stratégies visant la promotion des principes de diversité
culturelle énoncés dans la Déclaration?
Conclusions :
La Déclaration est centrée sur les principes de
base suivants :
- la diversité culturelle constitue un patrimoine partagé
par toute l'humanité. De ce point de vue, la diversité
culturelle est tout aussi nécessaire à l'humanité
que la biodiversité l'est à la nature;
- il est essentiel que les interactions dans nos sociétés
de plus en plus diversifiées soient harmonieuses; l'inclusion
et la participation sont des éléments importants
de la cohésion sociale;
- la diversité culturelle est un facteur de développement;
- toutes les cultures ont le droit à l'expression;
- le patrimoine culturel doit être vu comme une source
de créativité;
- puisqu'ils sont des vecteurs d'identité et de sens,
les biens et les services culturels ne doivent pas être
traités comme de simples produits ou biens de consommation;
- il faut établir des partenariats entre le secteur public,
le secteur privé et la société civile.
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Campus Euroaméricain II de collaboration cuturelle, Cartagenas
de Indias, Colombia, du 10 au 14 décembre 2001
Description :
Le ministre de la Culture de la Colombie, en collaboration avec
Interarts, l'Organisation des États ibéro-américains
et la Convention Andrés Bello, a organisé le Campus
euroaméricain II de collaboration culturelle. Environ 175
représentants des secteurs privés, public et universitaire
y ont participé afin de discuter de diverses questions liées
à la politique culturelle dans les Amériques et en
Europe.
L'un des principaux thèmes de cette conférence était
l'" interculturalité ", c'est-à-dire l'amélioration,
l'intensification et le maintien du dialogue entre les différentes
cultures, tant à l'intérieur des pays qu'entre les
États. Les participants ont discuté de divers moyens
de renforcer le dialogue et la collaboration culturels afin de veiller
au respect et à la transmission des cultures dans le contexte
de la mondialisation.
Parmi les autres thèmes abordés lors de cette conférence
figurent les droits des minorités culturelles ainsi que la
nécessité de rendre ces dernières capables
de gérer leurs industries culturelles. On a aussi examiné
le rôle des arts dans les économies en développement
ainsi que les possibilités d'emploi dans ce domaine.
Enfin, les participants ont recommandé que les réseaux
des différents domaines échangent de l'information
et des idées et explorent les liens et les interactions qui
existent entre les diverses questions sur lesquelles ils se penchent.
Questions à considérer :
Plusieurs questions peuvent être soulevées. D'abord,
au sujet de la notion d'" interculturalité " :
- Comment les gouvernements nationaux peuvent-ils améliorer
les relations interculturelles dans leurs pays respectifs?
- Comment les gouvernements peuvent-ils créer des occasions
de dialogue entre les cultures, y compris avec les minorités?
En ce qui concerne les autres sujets du forum, tels que la domination
de certaines cultures, les droits culturels, les industries, les
marchés et les échanges culturels ainsi que les politiques
culturelles, les principales questions à considérer
sont les suivantes :
- Comment pouvons-nous nous adapter au nouveau contexte de la
mondialisation? Pour qui la mondialisation est-elle un phénomène
important?
- Comment les droits culturels peuvent-ils protéger la
diversité culturelle et le droit à l'expression
des minorités?
- Quelles répercussions les industries culturelles ont-elles
sur le patrimoine culturel du monde? Est-il possible d'atteindre
un équilibre entre ces deux réalités?
Conclusions :
Les principales conclusions tirées de ce forum sont les
suivantes :
- Le multiculturalisme et l'interculturalisme - aujourd'hui, toutes
les sociétés sont de plus en plus multiculturelles,
en raison de la mobilité des personnes et de l'immigration.
Nous devons maintenant nous pencher sur la question de l'interculturalité,
c.-à-d. le dialogue entre toutes les cultures dans un espace
commun donné.
- Il faut mettre en place davantage de programmes d'action axés
sur l'éducation et la culture, étant donné
que la sensibilisation à la diversité culturelle
doit commencer par la base, et non par le sommet. De même,
il faut redonner à la culture une place centrale dans la
société et la rendre accessible à tous, ce
qui passe par la démocratisation de la culture.
- Il faut souligner la grande importance des réseaux et
de leurs interactions. Les réseaux doivent établir
des liens entre eux, qu'ils soient de types semblables ou non,
afin de mettre en commun leurs idées et de parler de leurs
expériences. Ils permettront ainsi la tenue d'un dialogue
continu et garantiront la pleine participation des intervenants
à tous les échelons de la société.
- En ce qui a trait à l'impact de la mondialisation sur
la culture et les politiques culturelles, les participants ont
globalement estimé qu'il faut surmonter les difficultés
auxquelles la culture fait face et s'interroger sur le rôle
que peut jouer la politique culturelle en ce sens.
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Le séminaire d'experts de l'organisation des États
Americains sur la diversité culturelle, "Properité
développement et paix : La diversité culturelle des
Amériques", Vancouver, Canada, du 17 au 19 Mars 2002
Description :
Dans le sillage du Sommet des Amériques de 2001, le Canada
a accueilli le premier séminaire d'experts sur la diversité
culturelle des Amériques. À cette occasion, des spécialistes
de vingt-neuf pays de l'hémisphère ont discuté
de moyens de promouvoir les politiques culturelles nationales dans
le contexte de la mondialisation; leur perspective était
que la politique culturelle doit constituer un élément
clé de toute stratégie de développement.
Ce séminaire visait à fournir à ces spécialistes
des Amériques l'occasion de mettre en commun de l'information
et d'exprimer leurs opinions et leurs inquiétudes relativement
à certaines questions clés liées aux politiques
de diversité culturelle de l'hémisphère. En
outre, les participants étaient appelés à formuler
des recommandations à l'intention du groupe de travail de
l'OEA sur la culture, recommandations qui seraient étudiées
à l'Assemblée des ministres de la culture de juillet
2002, à Carthagène, en Colombie.
Les spécialistes ont convenu que les États ont un
rôle important à jouer dans le développement
d'industries culturelles prospères et qu'ils ont le droit
de mettre au point des instruments afin de protéger leur
diversité et leur patrimoine culturels. Ils ont aussi recommandé
que les pays des Amériques coopèrent davantage dans
le domaine de la culture et qu'ils établissent un observatoire
des politiques culturelles, une base de données sur le patrimoine
culturel ainsi qu'une carte culturelle de l'hémisphère.
Questions à considérer :
Le séminaire a porté entre autres sur la promotion
des politiques culturelles nationales dans le contexte de la mondialisation.
Voici les principales questions soulevées dans le cadre de
ces discussions :
- Comment les gouvernements peuvent-ils renforcer leurs partenariats
avec le secteur privé et la société civile
en vue de mettre au point des politiques culturelles efficaces?
- Comment peut-on concevoir des stratégies culturelles
permettant la sensibilisation aux diverses cultures de l'hémisphère
et l'accroissement du respect qu'on leur accorde? Comment pouvons-nous
créer des démocraties culturelles?
- Comment pouvons-nous élaborer des instruments internationaux
réalistes afin de préserver et de promouvoir la
diversité culturelle dans l'hémisphère?
- Comment les décideurs culturels peuvent-ils intégrer
la culture aux initiatives de développement?
- Les industries culturelles jouent un rôle important dans
les économies en développement. Comment peut-on
accroître les possibilités de création et
l'accès aux biens et aux services culturels en tirant parti
de la croissance économique générée
par les industries culturelles?
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Conclusions :
La culture est considérée comme une priorité
stratégique nationale. Par conséquent, les politiques
devraient avoir pour but la préservation du patrimoine culturel
tangible et intangible des Amériques ainsi que la promotion
de la diversité, de la tolérance et du respect des
cultures de l'hémisphère.
En outre, la protection et la promotion globales de la culture
nécessitent 1) un renforcement des lois existantes, afin
de préserver le patrimoine tangible et d'empêcher le
commerce illégal des biens culturels; 2) la mise en place
de politiques gouvernementales de mise en valeur de l'identité
culturelle et d'intégration sociale des minorités;
et 3) d'autres mesures précises, telles que la mise en uvre
d'instruments ayant force obligatoire ainsi que l'établissement
d'un observatoire des politiques culturelles et d'instituts de recherche
panaméricains, le tout dans le but de protéger les
droits culturels et de promouvoir la diversité dans l'hémisphère.
La grande majorité des participants a reconnu qu'il faut
que les États des Amériques coopèrent davantage
dans le domaine de la politique culturelle. Prochaine étape
: Assemblée des ministres panaméricains responsables
de la culture, en Colombie, à l'été 2002.
Panam : Industries culturelles et dialogue des civilisations dans
les Amériques, Montréal, Canada, du 22 au 24 avril
2002
Description :
Un organisme montréalais, le Groupe de recherche interdisciplinaire
sur la communication, l'information et la société
(GRICIS), a organisé cette conférence panaméricaine.
Le GRICIS étudie principalement le rôle et l'impact
dans la société des programmes et des politiques culturels
et de communication.
Cette conférence visait à offrir à des universitaires,
à des chercheurs et à des représentants des
secteurs public et privé de divers pays des Amériques
l'occasion de coopérer et de dialoguer sur le thème
des industries de la culture et des communications.
Les quatre grands thèmes suivants ont été
abordés : l'État, la démocratie et la diversité
culturelle; langues de communication et échanges culturels;
économie et culture; et la participation des Premières
Nations aux échanges culturels entre les pays américains.
Questions à considérer :
Chacun des thèmes mentionnés ci-dessus a suscité
un ensemble d'interrogations. Ainsi, au sujet de l'État et
de la diversité culturelle, les participants se sont posés
les questions suivantes :
- Qu'est-ce que la diversité culturelle?
- Comment les États peuvent-ils élaborer et mettre
en uvre des politiques culturelles nationales en vue de
promouvoir et de préserver la diversité culturelle?
- Comment peut-on rendre compte de la complexité de la
diversité culturelle et des différentes interprétations
de ce concept dans un instrument international ayant force obligatoire?
Au cours du débat sur les langues de communication et les
échanges culturels, les questions suivantes ont été
soulevées :
- Comment peut-on protéger la diversité linguistique
par la promotion des langues et la préservation des accents?
- Comment peut-on renverser la tendance à l'homogénéisation
de la couverture des artistes de langue différente dans
les médias?
Sur le thème de l'économie et de la culture, on
a discuté des questions ci-dessous :
- Qu'est-ce que la différenciation culturelle?
- Qu'est-ce que la diversité de contenu?
- Qu'est-ce que la diversité de choix?
Enfin, lors du débat sur la participation des Premières
Nations aux échanges culturels entre les pays américains,
on s'est posé les principales questions suivantes :
- Comment les peuples autochtones vivent-ils leur identité?
- Comment les peuples autochtones réussissent-ils à
prendre de plus en plus en main leur développement culturel?
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Conclusions :
Durant ce colloque, les participants ont convenu que la diversité
culturelle est importante et que les États ont un rôle
important à jouer dans la promotion et la préservation
de la diversité culturelle.
Plusieurs experts et participants ont mentionné la nécessité
de mettre en place un instrument international sur la diversité
culturelle. Ils ont convenu que les biens culturels ne doivent pas
être considérés comme de simples produits dans
les accords commerciaux. On s'est interrogé sur l'organisme
qui devrait être responsable de cet instrument ainsi que sur
le moment où on devrait demander aux gouvernements de ratifier
ce dernier.
Une des conclusions les plus importantes tirées des débats
concerne la question des identités culturelles et de leur
importance pour devenir citoyens du monde. À ce chapitre,
deux des thèmes abordés ont été la diversité
linguistique ainsi que la représentation des minorités
sur Internet ainsi que dans le processus global de la mondialisation.
Enfin, on a aussi beaucoup parlé d'interculturalité
et de relations interculturelles; ces concepts semblent d'ailleurs
devenir des considérations de plus en plus importantes dans
les programmes et les politiques des sociétés multiethniques,
multiculturelles et multilingues.
Conclusion / tendances
Les grandes idées suivantes ont été exprimées
à diverses reprises au cours de ces quatre réunions
:
- L'interculturalité, c.-à-d. le dialogue, les échanges
et les interactions harmonieuses au sein des pays et entre ceux-ci,
doivent être encouragés;
- il faut que les États établissent des partenariats
et collaborent entre eux dans le dossier de la diversité
culturelle;
- il faut favoriser la création d'observatoires de la
diversité culturelle; ces entités seraient invitées
à mettre en commun leurs expériences et à
se constituer en réseaux inter reliés;
- on considère que la démocratisation de la culture
doit commencer par la base, et on accorde une grande importance
au respect de la diversité culturelle - particulièrement
celle des minorités;
- la culture est importante, et le patrimoine culturel tangible
et intangible doit être protégé; par conséquent,
la culture devrait occuper une place centrale et prioritaire dans
les programmes nationaux d'élaboration de politiques.
Par conséquent, on observe sur la scène internationale
une corrélation entre la poursuite de l'étude de la
question de la diversité culturelle et la prolifération
d'observatoires culturels. Ces derniers tiennent lieu de centres
généraux de renseignements dans le domaine de la politique
culturelle; ils ont pour fonction de prévoir l'apparition
de conflits potentiels en matière de culture et d'en alerter
les décideurs, ou d'aider les pays à combler, par
l'éducation, le fossé qui existe entre les personnes
" branchées " et celles qui ne le sont pas. Les
observatoires culturels sont des mécanismes importants qui,
en permettant aux diverses cultures d'en apprendre davantage les
unes sur les autres, facilitent l'interculturalité.
Il apparaît donc que la diversité culturelle et la
création d'observatoires internationaux deviennent des sujets
de discussion inévitables sur la scène internationale;
par conséquent, les membres du RIPC recevront de l'information
supplémentaire.
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