Sommaire des réunions et événements internationaux
d'intérêt pour le RIPC
Introduction
Au mois de décembre dernier, les membres du RIPC ont confié
au Bureau de Liaison le mandat d'assurer le suivi des réunions
internationales se rapportant aux travaux entrepris par le Réseau,
de participer à ces réunions dans la mesure du possible,
et d'en préparer une synthèse globale à l'appui
des discussions.
Le Bureau de Liaison a relevé depuis huit réunions
internationales portant sur des questions d'intérêt
pour le RIPC. Le présent document contient un sommaire de
chacune de ces réunions et des questions s'y rattachant que
le Réseau devrait envisager. La rubrique des conclusions
et tendances décrit les questions ou idées déterminantes
qui surgissent de manière réitérée dans
plusieurs de ces conférences.
Vingt-sixième Session (12e session extraordinaire) de l'Organisation
mondiale de la propriété intellectuelle, Genève
(Suisse), du 25 septembre au 3 octobre 2000.
Cette réunion de l'Assemblée Générale
de l'OMPI a été consacrée à des "
questions touchant la propriété intellectuelle et
les ressources génétiques, le savoir traditionnel
et le folklore ".
Bien que l'organisation accorde la priorité à l'importance
des ressources génétiques pour les biotechnologies
modernes, elle a élargi les débats de manière
à faire entrer en ligne de compte deux nouvelles catégories
de propriété intellectuelle qui relèvent des
politiques culturelles : le savoir traditionnel et le folklore local.
L'Assemblée Générale a appuyé l'idée
de créer un comité intergouvernemental sur la propriété
intellectuelle et les ressources génétiques, le savoir
traditionnel et le folklore, afin d'étudier ces questions
plus à fond.
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Thèmes à envisager :
L'OMPI a recensé les trois thèmes suivants comme
étant pertinents aux activités d'un éventuel
comité intergouvernemental sur la propriété
intellectuelle et les ressources génétiques, le savoir
traditionnel et le folklore :
- accès aux ressources génétiques et partage
des avantages
- protection du savoir traditionnel, qu'il soit oui ou non relié
à ces ressources
- protection de l'expression folklorique
Considérations importantes dans la discussion :
- L'émergence des biotechnologies modernes a fait en sorte
que les ressources génétiques ont acquis «
une valeur économique, scientifique et commerciale croissante
». Or, comme ces ressources font souvent partie du savoir
traditionnel d'une culture déterminée, des questions
se posent à l'égard de leur propriété
intellectuelle. Mais il faut une vision plus étendue. Il
est nécessaire de préciser la portée que
l'on veut donner aux droits de propriété intellectuelle
assimilables au savoir traditionnel en général.
Le but de ce nouvel ensemble de normes consisterait à faciliter
l'accès au savoir traditionnel, tout en élaborant
un système pour sa protection.
- Parmi les questions les plus pressantes à régler,
on peut s'interroger sur la manière d'intégrer le
savoir traditionnel au système existant des brevets et
sur la manière de faire respecter les droits des titulaires
de cette propriété intellectuelle.
- Un autre domaine nouveau pour les activités de l'OMPI
qui sont clairement reliées à des questions de politique
culturelle, c'est celui de la protection des formes locales d'expression
folklorique. L'organisation est en train de s'interroger sur la
nécessité du recours à une forme de protection
légale sui generis à l'échelle internationale.
- L'une des premières tâches que devrait entreprendre
un comité qui se pencherait sur ces questions réside
dans l'atteinte d'un consensus sur la définition exacte
d'expressions telles le savoir traditionnel et le folklore local.
"MULTICULTURALISM: A DIALOGUE IN PROCESS - THE GREEK AND
CANADIAN PARADIGM: A SYMPOSIUM ON CANADIAN MULTICULTURALISM"
(« LE MULTICULTURALISME : UN DIALOGUE À POURSUIVRE
- L'EXEMPLE GREC ET CANADIEN, UN SYMPOSIUM SUR LE MULTICULTURALISME
»), THESSALONIQUE, DU 8 AU 10 NOVEMBRE 2000
L'objectif global du symposium consistait à donner une image
plus claire du Canada, de sa culture et de ses gens à un
large auditoire composé de représentants du gouvernement,
de personnalités culturelles, d'universitaires, d'étudiants
et du grand public. Le symposium a également donné
l'occasion à des conférenciers grecs et canadiens
d'exprimer leurs opinions et de partager leurs points de vue avec
leurs collègues.
Le programme des exposés et des discussions était
divisé en deux grands thèmes. Le premier était
axé sur le Canada et son identité unique en tant que
nation biculturelle et société multiculturelle, et
faisait état de l'évolution de la politique canadienne
en matière de multiculturalisme et de programmes gouvernementaux
qui encouragent les Canadiens et Canadiennes à conserver
leur patrimoine culturel tout en leur garantissant le droit de participer
pleinement à la société canadienne. Le second
thème portait sur la façon dont l'identité
multiculturelle canadienne s'exprime par le biais de la cinématographie,
de la littérature et du théâtre.
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Thèmes à envisager :
- Comment les gouvernements peuvent-ils encourager l'expression
culturelle provenant d'une diversité de groupes culturels
à l'intérieur d'une même société?
- Où en sommes-nous par rapport aux trois phases de l'histoire
multiculturelle : assimilation des ethnies minoritaires, reconnaissance
idéologique de la diversité culturelle et reconnaissance
explicite de la diversité ethnique et du pluralisme culturel?
Considérations importantes dans la discussion :
- L'importance des politiques et des programmes du multiculturalisme,
qui mettent tous les êtres humains sur un même pied
d'égalité et reconnaissent la contribution de chacun
comme élément vital du développement de la
société. L'origine des politiques de multiculturalisme
ainsi que les circonstances historiques et socio-économiques
qui ont engendré le besoin et les fondements de l'élaboration
d'un tel projet.
- Les politiques gouvernementales favorisent la diversité
et, par conséquent, des citoyens de diverses origines ont
été en mesure d'exprimer certains éléments
de leur culture au moyen des arts qu'ils pratiquent, et d'enrichir
ainsi la qualité de vie canadienne. Les efforts en vue
de promouvoir la diversité ont donné lieu à
la création d'une culture riche, variée et stimulante.
- La mesure dans laquelle l'approche pédagogique concernant
les enfants des nouveaux venus, sur le plan des politiques et
des pratiques, fait partie des politiques du pays en matière
de multiculturalisme et aide à développer l'identité
canadienne.
« COLLOQUE SUR LA POLITIQUE ARTISTIQUE ET CULTURELLE POUR
LE DÉVELOPPEMENT », LE 4 DÉCEMBRE 2000, CANADA
Ce colloque faisait suite au Plan d'action sur les politiques culturelles
pour le développement adopté à Stockholm en
avril 1998.
L'objectif global de l'atelier consistait à donner un aperçu
de la façon dont les politiques et les programmes relatifs
aux arts et à la culture peuvent être davantage utilisés
comme outils de développement. On a insisté sur les
manières de façonner les politiques, de tirer le meilleur
parti des politiques existantes et de concevoir des programmes en
vue de contribuer efficacement aux objectifs globaux de développement,
dans l'esprit du Plan d'action de Stockholm. On a également
insisté sur le nouveau rôle que jouent les efforts
de développement international en matière de culture,
et on a mis l'accent sur la relation avec l'élaboration d'une
politique culturelle intégrée.
Thèmes à envisager :
- L'un des enjeux pour le futur sera de mieux démontrer
comment les pratiques actuelles peuvent être utilisées
et adaptées aux besoins locaux. Comment y arrivera-t-on?
- Il est problématique de passer des concepts à
l'élaboration, à la mise en uvre et à
l'exécution des politiques, ce qui fait que l'on s'incline
pour une planification culturelle à l'échelle locale.
Or, nous ne pas encore des mécanismes nécessaires
pour mesurer les résultats et les conséquences de
la planification culturelle.
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Considérations importantes dans la discussion :
- La planification culturelle propose des méthodes pour
remettre au premier plan le second volet du développement
culturel, qui a été passablement négligé,
soit la stratégie ascendante des centres culturels communautaires
ayant des racines bien ancrées pour répondre aux
besoins des collectivités. La planification culturelle
est bien plus qu'une nouvelle manière de désigner
les politiques culturelles et l'ensemble des concepts actuels
qui y sont liés. Elle constitue un cadre de travail subsidiaire
pour assurer le développement culturel en milieu urbain.
- On a proposé tout un éventail d'approches stratégiques
susceptibles de faire de la culture un élément clé
du développement, en allant du rôle des politiques
culturelles dans la lutte contre la marginalisation et l'exclusion
sociale, jusqu'à la contribution des industries culturelles
à l'emploi et à l'essor économique.
- On s'efforce actuellement de tirer parti des arts et de la culture
pour résoudre les problèmes fondamentaux que cause
l'exclusion sociale et pour contribuer aux autres priorités
gouvernementales dans les domaines de l'emploi, de l'éducation,
de la santé et de la prévention du crime.
- La culture s'est révélée un outil très
efficace de planification urbaine à l'échelon municipal
et local puisqu'elle touche la vie quotidienne des collectivités
et qu'elle donne des résultats tangibles, qui ne sont pas
toujours évidents du point de vue politique.
RAPPORT DU BUREAU DE LIAISON :
« RAPPORT SOMMAIRE DE LA TABLE RONDE DE L'UNESCO À
L'ÉCHELON MINISTÉRIEL » - LES 11 ET 12 DÉCEMBRE
2000, PARIS, FRANCE
Plus de 55 ministres de la Culture se sont réunis à
l'occasion d'une Table ronde de l'UNESCO les 11 et 12 décembre
2000 dans le but de discuter de la « Diversité culturelle
- Les enjeux du marché ». La Table ronde a contribué
à renforcer et à pousser plus loin les travaux actuellement
en cours dans le cadre des divers forums internationaux touchant
la diversité culturelle.
La réunion avait pour objet de discuter de la «Diversité
culturelle - Les enjeux du marché». Le débat
à l'UNESCO a réussi à sensibiliser les participants
à l'importance de la diversité culturelle et au fait
que les biens et les services culturels méritent un traitement
différent dans les accords de libre-échange.
Les ministres de la Culture ont reçu la documentation pertinente
- aperçu des éléments devant faire partie d'un
projet de Déclaration, proposition pour la création
d'une Alliance mondiale et ordre du jour - à la veille de
la Table ronde. Les ministres ont manifesté leur appui aux
efforts de l'UNESCO, bien que certains se sont inquiétés
du rôle que jouerait le Secrétariat dans ce domaine
essentiellement politique. La Table ronde a permis un débat
ouvert sur la diversité culturelle, qui a permis de mieux
comprendre la position des divers pays qui y ont assisté.
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Thèmes à envisager :
- Le besoin d'élaborer un instrument international sur
la diversité culturelle.
- Le besoin de rapatrier le patrimoine tangible, l'éducation/la
formation, l'assistance technique, et les transferts financiers
des pays industrialisés aux pays en développement
de manière à contribuer au développement
d'infrastructures dans le domaine culturel.
- Le besoin d'entreprendre des mesures concrètes par le
biais d'un accord normatif clair et concis qui renforcerait l'identité
et préserverait la capacité des États en
leur laissant le droit d'intervenir dans les questions de nature
culturelle.
Considérations importantes dans la discussion :
- Consensus général quant à la nécessité
de poursuivre l'élaboration d'une Déclaration.
- On a proposé de créer une alliance mondiale pour
la diversité culturelle pour mettre à la disposition
des pays du Sud un réseau de compagnies, de sociétés,
d'institutions et d'associations professionnelles des pays intéressés
à contribuer à la création d'industries culturelles
dans le but d'appuyer la diversité culturelle.
EXTRAIT DU RAPPORT OFFICIEL DE L'UNESCO :
« RAPPORT SOMMAIRE DE LA TABLE RONDE DE L'UNESCO À
L'ÉCHELON MINISTÉRIEL » - LES 11 ET 12 DÉCEMBRE
2000, PARIS, FRANCE
Le thème de cette réunion s'inscrivait dans la perspective
de la question de l'avenir de la diversité culturelle au
cours de la prochaine décennie et portait plus particulièrement
sur un de ses aspects, celui des "enjeux du marché".
Thèmes à envisager:
- La mondialisation caractérise une ère nouvelle
du fait de son accroissement sans précédent. Elle
comporte en elle-même des potentialités pour la créativité,
la compréhension mutuelle et le dialogue inter-culturel.
- La mondialisation efface les frontières entre culture
locale et internationale et conduit à pratiquer l'ouverture
sous peine d'exclusion. Le défi consiste à ce que
la mondialisation profite à tous.
- Dans plusieurs pays en développement il n'y a pas d'industries
culturelles mais des biens culturels et la question est : comment
s'assuer que les pays en developpement ne manque pas la révolution
de la communication?
- Les pouvoirs publics à tous les niveaux ont aussi un
rôle majeur à jouer pour obtenir une meilleure écoute
de la société civile, un partage des responsabilités
avec le secteur privé, qui sont des atouts essentiels pour
que des politiques nationales et des stratégies régionales
réussissent.
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Considérations importantes dans la discussion :
- La culture a une valeur supérieure, unique, qui ne peut
pas se réduire à une appréciation mercantile
mais, en même temps, les biens et les services culturels
s'ils participent de cette valeur singulière, ont aussi
vocation à contribuer au développement des sociétés
et à prendre place dans le mouvement des échanges
qui caractérise le commerce mondial.
- L'UNESCO a proposé un Projet de déclaration sur
la diversité culturelle et le rôle spécifique
qu'il pourrait jouer. Dans ce contexte, il a été
souligné que l'UNESCO devait assumer en même temps
un rôle politique et juridique, contribuant à l'élaboration
d'un cadre normatif ou d'un instrument juridique international
destiné à faire respecter et à promouvoir
la diversité culturelle dans le cadre des échanges
commerciaux.
- Cette déclaration ne devrait pas être un texte
abstrait et qu'elle resterait un simple cadre formel si elle ne
s'accompagnait de mesures concrètes, d'un plan d'action
pour que la diversité culturelle devienne un véritable
outil de développement et de lutte contre la pauvreté.
« AU-DELÀ DU MULTICULTURALISME? LES POLITIQUES D'HIER,
D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN - UNE RENCONTRE DONNÉE PAR LE
BRITISH COUNCIL INTERNATIONAL NETWORKING », BIRMINGHAM, RU,
DU 11 AU 16 FÉVRIER 2001
Environ 25 personnes ont assisté à cette conférence,
soit des représentants des ministères de la Culture,
des organismes de radiodiffusion, des établissements des
arts et du patrimoine ainsi que des représentants des ONG.
Le but de cette conférence était d'examiner les débats,
les politiques et les pratiques antérieures et actuelles
concernant le multiculturalisme, les arts, la culture ainsi que
le patrimoine. Les possibilités et les occasions à
venir de plein développement du potentiel dans ce secteur
et la façon de composer avec les tensions inhérentes
au travail dans un contexte multiculturel y ont également
été discutés; enfin, les moyens utilisés
par divers organismes et diverses personnes pour tenter de faire
évoluer les mentalités à l'égard du
multiculturalisme et des arts ont été examinés
de près.
La conférence a révélé que de plus
en plus de pays s'intéressent aux questions de diversité
culturelle. On reconnaît la nécessité de se
pencher sur les enjeux liés à la vie dans une société
multiculturelle. On s'intéresse sincèrement à
faire en sorte que les arts et le patrimoine deviennent quelque
chose de significatif pour tous les membres d'une société
multiculturelle, ainsi qu'à transformer les anciens systèmes
et institutions. La conférence a permis de recenser les dernières
réflexions sur les questions et les nouvelles pratiques et
politiques en matière de diversité culturelle, surtout
en ce qui a trait à la gestion de la diversité culturelle
et au rôle des arts et de la culture.
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Considérations importantes dans la discussion :
- Un exposé sur la « question du multiculturalisme
» a permis d'illustrer les problèmes qui persistent
dans les pays aux populations multiculturelles, malgré
les efforts pour les résoudre. La « question du multiculturalisme
» est une réalité sociale, alors que le multiculturalisme
est une idéologie.
- Une politique multiculturelle n'est pas une garantie contre
le racisme. Les réactions de la majorité envers
les politiques muclticulturelles peuvent varier énormément,
allant de vouloir embrasser le multiculturalisme à un sentiment
d'impuissance.
- Voilà des années que l'on se penche sur la «
question du multiculturalisme », du mouvement pour l'égalité
culturelle des années 1960, où l'idée de
l'assimilation a été remise en question pour la
première fois, au multiculturalisme des années 1980
et 1990, qui se fondait essentiellement sur une politique de reconnaissance.
Une approche plus holistique à la gestion de la diversité
culturelle réside dans la notion des identités multiples.
Dans plusieurs milieux, l'idée selon laquelle une personne
peut assumer diverses identités selon le lieu ou elle se
trouve, les circonstances du moment, les différences entre
elle et les autres, est en effet de plus en plus répandue.
Cette approche englobe les idées de croisement culturel
(faire partie de plus d'une culture) et de cosmopolitisme vernaculaire
(citoyen d'un pays à la fois que citoyen du monde). L'histoire
et l'avenir du multiculturalisme : une approche plus holistique
à la gestion de la diversité culturelle réside
dans la notion des identités multiples.
- La question de la culture nationale demeure un élément
important de la problématique culturelle qu'il nous faudra
approfondir, en particulier dans le contexte des questions portant
sur la nécessité d'établir un équilibre
entre les identités particulières et les identités
communes et sur une manière d'imposer l'unité dans
la diversité. Les participants ont discuté de la
nécessité qu'une culture nationale crée une
« collectivité imaginée » pour aider
les groupes à bâtir une vie en commun et ils ont
parlé du rôle que joue la culture dans la création
d'une identité commune.
- Concepts de la culture nationale : la nécessité
qu'une culture nationale crée une « collectivité
imaginée » pour aider les groupes à bâtir
une vie en commun. On a également parlé du rôle
que joue la culture dans la création d'une identité
commune.
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Questions soulevées lors de la réunion :
- Les arts contemporains et les politiques culturelles peuvent-ils
contribuer à la création de sociétés
justes et équitables et combler le fossé qui existe
depuis longtemps entre les diverses parties des collectivités
nationales?
- S'il est difficile de définir ce en quoi consiste la
culture, comment les politiques en matière de multiculturalisme,
qui ont tendance à véhiculer une notion restreinte
des communautés culturelles, peuvent-elles traiter de cette
question complexe? Le « cosmopolitisme vernaculaire »
soulève la question de la cohésion sociale et de
la manière de s'y prendre pour créer l'unité
dans la diversité. Les identités nationales ont-elles
encore leur place au sein de la société mondiale?
Est-il plus raisonnable de suivre la voie de la citoyenneté
commune que celle de l'identité nationale? et, enfin, comment
créer une collectivité de collectivités?
« CONFÉRENCE SUR LA CULTURE ET LES CONFLITS »,
TENUE À DUBROVNIK, CROATIE, DU 28 AU 31 MARS 2001
Environ 70 participants de 22 pays et de 3 organismes culturels
internationaux (UNESCO, Conseil de l'Europe et le RIPC), soit des
ministres de la Culture et autres représentants des ministères
et des organismes internationaux, ont été accueillis
dans le cadre de cette conférence sur la Culture et les conflits,
qui s'est déroulée à Dubrovnik (Croatie).
La conférence avait pour but d'amorcer une discussion entre
les ministres de la Culture en vue de créer un programme
d'action pour lutter contre les conflits en général
et en particulier contre la violence suscitée par les différences
culturelles. La conférence a porté principalement
sur l'évolution de la situation en Europe de l'Est dans ce
domaine.
La discussion était axée sur le caractère
neutre de la culture et sur le fait qu'elle peut soit engendrer
la coopération, soit des conflits. De nombreux penseurs croient
que les frontières sont la principale cause des conflits.
L'Europe vit dans un atmosphère où ses voisins sont
toujours prêts à s'attaquer et il existe encore un
schisme entre l'Est et l'Ouest. Par ailleurs, la culture peut être
perçue comme un message de paix et les arts ainsi que le
patrimoine peuvent servir à cicatriser les blessures.
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Thèmes à envisager :
On cherche à trouver les moyens de coopérer à
l'échelle régionale et internationale en prévention
des conflits, d'où un certain nombre de suggestions pour
prendre des mesures proactives à l'égard du rôle
de la culture dans la prévention des conflits :
- On convient à l'unanimité qu'il faudra désigner
ce sujet à l'avenir de culture et prévention des
conflits;
- Création d'un groupe d'experts ou d'observateurs qui
devront étudier la question plus à fond et formuler
des recommandations sur les manières de prévenir
les conflits;
- Créer un service susceptible d'« éteindre
les incendies » en agissant comme médiateur là
où les conflits culturels menacent d'éclater.
Considérations importantes dans la discussion :
- Manière dont les pays peuvent se refaire une culture,
une identité nationale à la suite de périodes
de turbulences et de changements vertigineux, et comment il faut
construire une « nouvelle identité ». Les identités
nationales risquent de créer certaines hiérarchies
et valeurs qui auraient tendance à isoler certains groupes
de la société et à faire renaître les
tensions.
- Malgré l'importance toujours croissante de la culture,
il n'en est pratiquement jamais question dans les textes et les
plans d'action internationaux, dont les forums du commerce international
tels l'OMC.
- Les personnes responsables des politiques culturelles doivent
favoriser l'ouverture culturelle et favoriser les mesures qui
mèneront à une bonne gestion de la diversité
culturelle afin de permettre aux personnes et aux collectivités
de gérer les conflits et de travailler en collaboration.
On rappelle cependant que la mise en uvre des politiques
culturelles constitue un défi à bien des égards.
- On reconnaît que la culture est un élément
de la sécurité humaine et de la coexistence pacifique
que l'on ne saurait négliger.
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Sommet des Amériques, Québec (Canada), du 20 au
22 avril 2001
Trente-quatre chefs d'État démocratiquement élus
de la région se sont donnés rendez-vous au Sommet
des Amériques à Québec.
Ce Sommet était la troisième d'une série de
réunions prévues pour l'analyse des questions et des
défis qui se posent au continent américain. Les participants
ont discuté des enjeux politiques, sociaux et économiques
en vue d'augmenter l'intégration hémisphérique.
Parmi les principaux engagements pris dans le cadre de ce Sommet,
on retrouve la promotion de la démocratie, le développement
durable, le libre-échange et la diversité culturelle.
Le Sommet a culminé dans la Déclaration de Québec
et un Plan d'action qui établissent l'orientation des politiques
culturelles futures.
Thèmes à envisager :
Les thèmes suivants étaient reliés à
des questions de politique culturelle :
- se pencher sur le rôle des migrants
- faciliter la participation de tous les citoyens à la
vie culturelle de leurs pays
- favoriser la diversité culturelle
Considérations importantes dans la discussion :
- Le plan d'action adopté lors du Sommet des Amériques
établit une série de politiques pour la promotion
de la diversité culturelle. Les participants ont appuyé
le concept des programmes de sensibilisation destinés à
favoriser le dialogue inter-culturel. On a prêté
une attention particulière au rôle que peut jouer
la diversité culturelle en tant que facteur de cohésion
pour la société et élément propice
au développement.
- Les discussions relatives aux populations de migrants ont touché
des questions de diversité culturelle. La contribution
des migrants à la société qui les accueille
est de nature non seulement économique, mais culturelle
aussi. Il est particulièrement pertinent de discuter du
rôle des cultures nouvellement intégrées dans
le contexte des Amériques, où la migration continue
d'être une réalité. C'est pourquoi les recommandations
finales du Sommet proposent entre autres que les États
adoptent les mesures nécessaires pour veiller à
la pleine protection sociale de leurs populations migrantes.
- Les participants au Sommet se sont également engagés
à « éliminer la discrimination sous toutes
ses formes ». Autre fait saillant, ils ont inscrit la pleine
participation à la « vie sociale et culturelle »
d'un pays parmi les droits de la personne et les libertés
fondamentales de tout être humain.
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Troisième Conférence ministérielle sur la
culture - Francophonie, Cotonou, Bénin, 14-15 juin 2001 :
La conférence de Cotonou a réuni les ministres de
la culture des pays membres de la Francophonie. Elle leur a permis
d'harmoniser certains aspects de leurs politiques culturelles au
niveau international, notamment autour de l'affirmation que les
« biens culturels ne sont en aucun cas réductibles
à leur seule dimension économique ». À
ce sujet, la déclaration de Cotonou représente une
avance dans le développement d'un consensus autour de l'idée
d'un instrument international sur la diversité culturelle.
Les discussions de la conférence ont également porté
sur d'autres aspects des politiques culturelles des pays membres,
particulièrement la préoccupation des pays du sud
avec les biens culturels volés.
Thèmes à envisager :
- Les États de la Francophonie se sont penchés sur
les thèmes de politique culturelle suivants :
- le besoin d'un instrument international sur la diversité
culturelle
- le retour des biens culturels illégalement acquis
- la diversité culturelle dans le cadre de la mondialisation
- le rôle de la diversité culturelle dans la
promotion de la paix
Considérations importantes dans la discussion :
- La Déclaration de Cotonou est le premier texte adopté
par une organisation internationale à favoriser explicitement
l'adoption d'un instrument international sur la diversité
culturelle. Son objectif, d'après la ministre française
de la culture serait de reconnaître « le rôle
déterminant des biens et services culturels dans le développement
et l'épanouissement des sociétés. »
De plus, on chercherait à assurer la « légitimité
des États et gouvernements à élaborer leurs
politiques culturelles. » Les participants à la
conférence se sont intéressés aux aspects
juridiques d'un tel instrument. Parmi les possibilités
envisagées, il a été question de son articulation
avec l'Organisation mondiale du commerce.
- À noter cependant que la déclaration finale de
la conférence met les États en garde contre la prise
« d'engagements de libéralisation en matière
de biens et services culturels, notamment dans le cadre de négociations
d'accords internationaux de commerce ». Quoique la mondialisation
a été envisagée comme pouvant avoir un effet
positif sur les échanges culturels, on considère
qu'elle peut menacer les particularismes culturels. C'est pourquoi
la Déclaration de Cotonou préconise un « traitement
spécifique » pour les produits culturels.
- En plus de se pencher sur le thème de la protection de
la diversité culturelle, la conférence a envisagé
ses avantages, dont l'impact que pourrait avoir la diversité
culturelle sur la promotion de la paix en encourageant le dialogue
entre les cultures.
- Une toute autre question de politique culturelle est celle du
retour des biens culturels illégalement acquis, qui figure
parmi les principales préoccupations des États du
sud. Pour commencer, il s'agira de dresser l'inventaire du patrimoine
volé ou illégalement exporté. L'Agence de
la Francophonie appuiera ces efforts.
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Conclusions/Tendances :
- Plusieurs questions et enjeux ont été soulevés
à maintes reprises dans le cadre des réunions ayant
fait l'objet d'un examen dans le présent rapport :
- L'une des principales considérations relevées
dans plusieurs réunions se rapportait aux divers rôles
des arts et des politiques culturelles.
- Les politiques traitant de la diversité culturelle
ont été définies comme des méthodes
possibles pour lutter contre l'exclusion sociale et la marginalisation
et pour encourager le développement.
- Les arts et les politiques culturelles contribuent à
créer un milieu ouvert où les conflits culturels
(militaires ou autres) sont moins susceptibles de survenir.
- Les défis que doivent relever les responsables des
orientations politiques culturelles risquent de remettre en
question la capacité des arts contemporains et des
politiques culturelles actuelles pour atteindre ces objectifs.
- On reconnaît de plus en plus que les biens et les
services culturels devraient avoir un traitement différent
dans les accords commerciaux.
- Il y a un manque de protection pour les droits de propriété
intellectuelle liés à la culture.
- Certaines inquiétudes ont été exprimées
à propos du manque de reconnaissance à l'endroit
de la culture dans le cadre d'importants forums commerciaux
et d'autres accords internationaux.
- Selon les renseignements fournis dans le présent
document, le concept d'identité nationale ou de culture
nationale a des avantages aussi bien que des inconvénients.
, mais il faut l'examiner et l'élaborer davantage.
La culture nationale permet aux groupes de se bâtir
une vie ensemble et de développer une identité
commune. Or, elle peut en même temps créer certaines
hiérarchies et valeurs qui risquent d'exclure certains
groupes de la société.
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