INCP - RIPC Réseau international sur la politique culturelle
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Accueil: Réunions annuelles: 2001: Rapport de Lucerne
Réunions annuelles

Rapport de Lucerne

Réseau international sur la politique culturelle

Quatrième Réunion annuelle des ministres
Lucerne (Suisse), du 24 au 26 septembre 2001

Membres participants :

Confédération Suisse, Afrique du Sud, Arménie, Autriche, Barbade, Brésil, Canada, Colombie, Croatie, Cuba, France, Grèce, Islande, Lettonie, Maroc, Mexique, Norvège, Russie, Sénégal, Suède, Tunisie, Veinant.

Membres observateurs :

Pays-Bas, Royaume-Uni

Du 24 au 26 septembre 2001, Lucerne a accueilli la réunion des ministres du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC). Les ministres, les observateurs de l'UNESCO, du Conseil de l'Europe et de l'Union Européenne, et d'autres invités en ont profité pour renouveler leur engagement à préserver et à promouvoir la diversité culturelle, tant à l'échelle nationale qu'internationale, réaffirmant le rôle important de l'UNESCO en tant que seule organisation internationale dotée d'un mandat culturel. La Confédération Suisse a été le pays hôte des discussions informelles de cette année, qui se sont déroulées sous la présidence de l'honorable Mme Dreifuss, Conseillère fédérale de ce pays. Les discussions ont essentiellement tourné autour de l'évolution du rôle des gouvernements et des nouveaux enjeux de la politique culturelle dans le contexte d'une économie mondialisée.

Les terribles événements survenus aux États-Unis le 11 septembre 2001 nous touchent tout un chacun, tout comme le climat de conflit et de violence dans lequel se sont déroulés des actes tels l'enlèvement de l'ancienne ministre de la Culture de la Colombie. Les ministres et les délégués présents à la quatrième Réunion annuelle ministérielle du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC) ont en effet été bouleversés d'apprendre que Mme Consuelo Araújo Noguera a été enlevée le 24 septembre 2001. Les ministres ont souligné qu'au vu de ces événements tragiques, il était d'autant plus important de travailler ensemble pour le développement durable et de faire en sorte que les différences inhérentes à la diversité culturelle soient mieux comprises et respectées.

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La réunion s'est articulée autour de trois grands thèmes :

Intégration et gestion de la diversité culturelle : Les ministres ont évoqué les conséquences des tendances qui se font sentir à l'échelle mondiale, notamment celles des mouvements migratoires, sur les politiques culturelles. En prenant l'exemple du modèle suisse, les ministres ont lancé le débat en soulignant le rôle important de la culture à tous les niveaux de la société. L'intégration des composantes de la diversité culturelle dans les politiques culturelles peut largement contribuer à favoriser une plus grande cohésion sociale, à réduire la pauvreté et à prévenir les conflits. Les ministres se sont interrogés sur les moyens de favoriser le dialogue interculturel et la coopération ainsi que de diffuser la richesse de la diversité culturelle au niveau national, de manière à bâtir des sociétés pacifiques qui perçoivent la diversité comme un avantage socioculturel. La discussion a mis l'accent sur les questions liées à une démarche politique stratégique et à la gestion de la diversité, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Les ministres ont conclu que:

  • l'intégration et la gestion de la diversité culturelle sont deux éléments importants pour assurer une coexistence pacifique et pour la promotion d'une meilleure compréhension entre les diverses sensibilités culturelles coexistant dans un même pays;
  • les gouvernements devraient chercher par le truchement des politiques culturelles à créer un environnement favorisant des échanges plus ouverts entre groupes de sensibilité culturelle différente sur le plan national et international.

Diversité culturelle et mondialisation : étude d'un instrument international sur la diversité culturelle : Les ministres ont poursuivi les travaux amorcés l'an dernier en vue de l'élaboration d'un instrument international sur la diversité culturelle. Ils ont conclu que:

  • la poursuite des travaux relatifs à un instrument international sur la diversité culturelle devrait refléter une vision commune, des objectifs, et un cadre normatif permettant la création de règles d'articulation des rapports entre la diversité culturelle et le développement socio-économique;
  • les gouvernements ont le devoir légitime de préserver et de promouvoir la diversité culturelle par le développement et la mise en œuvre de politiques culturelles à tous les niveaux;
  • la situation particulière des pays en développement nécessite une attention soutenue si l'on veut renforcer leur capacité dans le domaine du développement culturel.

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Les ministres ont entériné le document et les recommandations présentés par le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation au sujet de la portée et du cadre de travail d'un tel instrument (voir annexe A). Au cours de la discussion, les ministres ont reconnu la nécessité d'un instrument international centré sur la préservation et la promotion de la diversité culturelle face à la mondialisation - notamment la libéralisation des échanges, les pratiques commerciales préjudiciables, la rapidité de l'évolution technologique, et leurs répercussions sur les politiques et les produits culturels.

Les ministres du Réseau ont convenu de confier un mandat de deux ans au Groupe de travail afin qu'il poursuive ses travaux sur l'instrument international. Le Canada a renouvelé son soutien financier à ce Groupe de travail, et la Suisse a offert pour sa part d'explorer les enjeux de la gestion de la diversité culturelle et l'enceinte où l'instrument pourrait être déposé. Un projet de texte sur l'instrument devra donc être soumis aux ministres lors de la prochaine réunion. Il y sera question entre autres de la notion de sa force exécutoire. La prochaine réunion du Groupe de travail aura lieu à Oslo (Norvège) avant la fin de 2001. Le Groupe de travail continuera de travailler en étroite collaboration avec l'UNESCO et d'autres organisations internationales.

La politique culturelle et le nouveau rôle des gouvernements : une occasion d'échange et de dialogue : Les ministres ont évoqué les nouveaux enjeux des politiques culturelles, le rôle que les gouvernements nationaux ont à jouer au moment de formuler ces politiques, et la mesure dans laquelle les politiques et les outils stratégiques actuels demeurent efficaces pour l'atteinte des objectifs visés. Les discussions ont porté sur les travaux entrepris par les membres du RIPC en ce qui a trait aux médias et à la radio-télédiffusion, ainsi que sur les nouveaux enjeux liés à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel tangible, aussi bien qu'intangible.

À cet égard, les ministres ont rappelé que les gouvernements doivent trouver les moyens d'atteindre leurs objectifs culturels dans une économie mondialisée. La nécessité d'équilibrer les pouvoirs avec le concours de nouveaux partenaires (secteur privé et société civile) et la dimension internationale qu'ont acquis des questions de politique culturelle autrefois nationales sont deux éléments qui se conjuguent pour remettre en question les approches et mécanismes traditionnels. Les ministres de la Culture ont conclu à la nécessité de partager leurs expériences et leurs stratégies afin de mieux intégrer les politiques et les programmes culturels sur le plan interministériel et d'en faire un facteur de développement. Dans cet esprit de partage, la Colombie a proposé d'afficher ses projets d'observation culturelle sur le site web du RIPC.

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Les ministres ont accueilli favorablement la proposition et le plan de travail pour l'exercice 2001-2002 présentés par le Mexique en vue de la poursuite des travaux en mode virtuel par le Groupe de travail sur le patrimoine culturel. Le Mexique a invité tous les membres du RIPC à participer activement à une série de réunions virtuelles qui se tiendront en décembre 2001 pour aller de l'avant avec le plan de travail (voir l'Annexe B). Au nom du Groupe de travail, le Mexique rédigera un rapport des conclusions obtenues d'ici août 2002, et soumettra des recommandations aux ministres lors de leur prochaine réunion annuelle. Les ministres ont également accueilli les conclusions du Groupe de travail sur la radiodiffusion dans un environnement mondialisé et ont remercié l'Italie pour son initiative de parrainage.

Les ministres ont renouvelé leur intention d'associer la société civile à leurs travaux et ils ont discuté de plusieurs sujets d'intérêt commun au RIPC et au RIDC (le Réseau international sur la diversité culturelle). Ils ont accueilli favorablement le rapport, « Towards a Global Cultural Pact », de la deuxième réunion annuelle du RIDC, tenue à Lucerne les 22 et 23 septembre 2001, et ils ont abordé les défis que posent la préservation de la diversité d'expression, l'intérêt largement partagé pour un instrument international sur la diversité culturelle et les rôles respectifs des gouvernements, des artistes et autres professionnels de la culture.

L'utilité du Réseau, forum souple et informel consacré à un objectif précis, a été rappelée tout au long des discussions. Les ministres ont bien accueilli les
« Équipes spéciales chargées des recherches politiques du RIPC », comme nouveau mode d'intervention servant à examiner les grandes questions de politique culturelle. Au cours de la rencontre, les ministres se sont longuement entretenus sur les défis auxquels se trouvent confrontés les médias, notamment la radio-télédiffusion. Le Brésil et d'autres pays participants exploreront la possibilité d'établir une équipe spéciale en vue d'examiner ces questions clés.

Les ministres ont levé la séance en s'engageant à poursuivre les discussions lors de leur prochaine réunion en 2002, qui se déroulera sous la présidence de l'Afrique du Sud. Ils se sont réjouis de l'offre de l'UNESCO d'apporter des fonds destinés à l'organisation de la prochaine réunion dans le cadre du Programme de participation interrégionale afin d'assurer la participation des pays africains. Les ministres du Brésil et du Canada ont annoncé une contribution de 25 000 dollars chacun pour la réunion qui aura lieu en Afrique du Sud, et ils ont encouragé les autres membres à en faire autant. On a également annoncé que la Croatie a offert d'être l'hôte du RIPC en 2003, la Tunisie en 2004, et l'Arménie en 2005.

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 www.incp-ripc.org
 
 

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