INCP - RIPC Réseau international sur la politique culturelle
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Accueil: Réunions annuelles: 2000: Document de travail
Réunions annuelles

29 septembre 2000
FINALE

RIPC
Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation

Document de travail à l’intention des ministres
Réponses internationales aux enjeux liés à la diversité culturelle(1)

Contexte

À la deuxième rencontre annuelle du Réseau international sur la politique culturelle, en septembre 1999 à Oaxaca (Mexique), les ministres ont convenu que les membres du Réseau qui le souhaitaient devraient faire une étude approfondie de la relation entre les objectifs de politique culturelle et la mondialisation, ce qui reflétait l’objectif du Plan d’action sur les politiques culturelles pour le développement de l’UNESCO invitant les gouvernements à promouvoir l’idée que les biens et services culturels doivent être pleinement reconnus et traités comme n'étant pas des marchandises comme les autres. Un Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation a été mis sur pied pour fournir aux ministres du Réseau des conseils et des propositions concrètes sur la façon de faire avancer leurs politiques culturelles sur la diversité culturelle aux plans national et international.

Le Groupe de travail, parrainé par le Ministère du Patrimoine canadien, s’est réuni deux fois depuis.(2) À sa première réunion (Ottawa, Canada, décembre 1999), il a convenu de concentrer ses premiers travaux en 1999-2000 sur les réponses politiques internationales aux défis et possibilités de la diversité culturelle afin d'offrir des conseils aux ministres. Le Groupe de travail a commandé trois projets de recherche appliquée, dont une enquête qualitative auprès des membres du Réseau qui a permis d'identifier les enjeux et possibilités auxquels font face l'ensemble des administrations de politique culturelle nationales pour soutenir la diversité culturelle(3), un catalogue des instruments et principes internationaux existants relatifs à la culture(4) et un aperçu de la gestion de la diversité culturelle qui met l’accent sur les problèmes plus vastes de la dimension humaine, de l’identité et de la cohésion sociale de la diversit(5). Le Bureau de liaison du Réseau a enrichi ces travaux d’une liste des instruments internationaux qui font mention de la culture(6) et d'un aperçu de certaines des initiatives internationales récentes concernant la diversité culturelle(7).

Ces documents ont été au centre des travaux de la deuxième réunion du Groupe de travail (Hanovre, Allemagne, juin 2000) et constituent une base importante pour ce document de travail qui reflète les recherches, les constatations et les délibérations du Groupe de travail. Il offre aussi aux ministres du Réseau les conseils du Groupe de travail sur les réponses possibles pour la promotion de la diversité culturelle dans un environnement mondialisé.

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I – Défis, occasions et enjeux liés à la diversité culturelle

Des possibilités et des défis mondiaux communs

La libéralisation du commerce, les développements technologiques et les consolidations dans l’industrie sont en train de définir rapidement des économies, des marchés et des sociétés mondialisés. Bien que cette tendance ouvre d’importantes possibilités, par exemple le développement et la mise en commun d’identités et de traditions culturelles diverses à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales, elle crée aussi un environnement mondial pour la production et la mise en marché qui menace les identités et les politiques culturelles indigènes.

Si la mondialisation ouvre de grandes possibilités pour la promotion de la diversité culturelle, elle présente aussi des défis fondamentaux aux gouvernements, à la société civile et au secteur privé pour cultiver cette diversité. Le défi en matière de politique est de trouver les moyens de rester ouvert à ce que le monde peut offrir de meilleur tout en cultivant une expression culturelle locale riche et variée. La préservation de la diversité culturelle est un défi qui appelle des réponses aux niveaux mondial et local. L’impact de la mondialisation sur la diversité culturelle par la transformation des relations entre les identités locales, nationales et internationales est un thème dominant dans les réponses à l’enquête.

Prendre en compte les préoccupations des pays en développement

De toute évidence, l’apparition de nouvelles technologies d'information, de communication et de réseaux offre d’importantes possibilités pour le dialogue culturel et la compréhension mutuelle.(8) Cependant, l’intensification des interactions avec des cultures de portée mondiale peut menacer les cultures locales et régionales. Ce déséquilibre est particulièrement frappant si on examine les différences entre pays en développement et pays développés. Pour plusieurs pays en développement, outre le défi de la mise en place d’une infrastructure culturelle et médiatique, l’infrastructure technologique de base est toujours absente ou insuffisante, et le niveau de savoir technologique, à cause de cette fracture numérique, reste souvent inférieur à celui des pays développés(9). Au-delà de l'aspect technologique, les pays en développement doivent maximiser les investissements potentiels dans le secteur culturel, source de dynamisme économique et catalysateur pour le développement. Les formes du culture non-commerciales sont de plus en plus ménacées. Le fait que le nombre de langues au monde diminue démontre qu’il est nécessaire de promouvoir et protéger la diversité culturelle. Les cultures indigènes aux pays en dévelopement sont encore plus menacées que les autres, à cause des résources limitées de leurs gouvernements et de leur inabilités a influencer les forces du marché. Les pays développés se préoccupent surtout de la réforme de l’infrastructure actuelle pour tenir compte d’une démographie qui change radicalement et de la mondialisation, tout en multipliant les partenariats entre les secteurs public et privé. Le défi est de commencer à mettre l’accent sur des approches de promotion de la diversité culturelle qui soient pertinentes pour toutes les régions, développées et en développement.

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Une notion plus vaste de la diversité culturelle

La notion de diversité culturelle recouvre une gamme vaste et complexe d’éléments reliés entre eux et influencés par les priorités économiques et sociales. Comme l’ont suggéré des experts du Réseau, elle est directement liée à des questions de valeurs, de sécurité humaines, de cohésion sociale, de démocratie, d’accès, de créativité, de langue, d'expression, de ressources et de capital culturels. Elle est aussi un moyen de surmonter l’exclusion sociale et de promouvoir un développement culturel et économique durable. En d’autres termes, la diversité culturelle est inextricablement liée aux questions de politique publique et de gouvernance, à la prospérité, à la sécurité et à la participation des citoyens à leurs sociétés. Cela va au-delà des préoccupations au sujet de l’articulation entre la politique culturelle et la politique commerciale, pour englober la qualité de vie et le développement humain.

À un certain niveau, la notion de diversité culturelle se fonde sur la valeur de langues, de cultures, de traditions, de valeurs et d’histoires uniques. Elle est associée à la richesse de la diversité humaine qui se trouve à l’intérieur des États et entre eux. À un autre niveau, la diversité culturelle est la capacité de cultiver ces différences par l’expression créatrice. La création, l’innovation, la production et la consommation de la multitude de formes d’expression et de médias culturels, dont la musique, la littérature, les arts visuels et le patrimoine culturel, sont essentiels à la qualité de vie. Ceci met l'accent sur le rôle particulier des produits culturels indigènes dans les sociétés, un rôle qui se doit d'être renforcé.

Dans ce contexte, il est normal que les difficultés et les possibilités que représente la diversité culturelle pour les pays membres soient nombreuses et variées. L’idée centrale commune que font ressortir l’enquête et les discussions du Groupe de travail est la nécessité d’une reconnaissance nationale et internationale accrue et d’une meilleure gestion de la diversité culturelle pour garantir les droits des citoyens aux plans humain, linguistique, culturel et civil, tout en maintenant un niveau minimum d’identité commune, de cohésion sociale et de solidarité nationale dans un environnement planétaire(10). Il faut gérer la diversité culturelle afin de garantir la coexistence pacifique du plus grand nombre(11). Le respect de la diversité culturelle oblige les gouvernements à reconnaître l’importance de la recherche de solutions durables à une série de d'enjeux sociaux et économiques.

Gérer la diversité culturelle chez soi

Les recherches effectuées pour le Groupe de travail ont mis en lumière la nécessité de reconnaître et de gérer la diversité culturelle à l’intérieur des pays et des régions. Des événements récents et frappants dans diverses parties du monde montrent que le respect des droits fondamentaux des collectivités minoritaires est un enjeu majeur pour le maintien de la diversité culturelle dans un contexte de mondialisation, de paix et de stabilité dans le monde(12). Étant donné l'environnement mondial actuel de libéralisation économique et de changement technologique, et les différents niveaux de compréhension de la diversité culturelle d’un pays à l’autre, assurer la reconnaissance et la gestion de la diversité culturelle est une tâche difficile et urgente pour laquelle les cadres nationaux actuels de politique culturelle ne sont peut-être pas adéquatement structurés.

Il est crucial que, allant de pair avec toute action commune au plan international, les politiques culturelles nationales reconnaissent et fassent valoir la diversité culturelle des collectivités (multiculturalisme) tout en favorisant l’interaction entre les collectivités (interculturalisme)(13). L’objectif fondamental du dialogue interculturel est de contribuer au respect mutuel en révélant les différences et les similitudes entre les cultures grâce au contact avec les autres. La coexistence pacifique et le respect des droits de la personne comme éléments d'une notion plus vaste de la diversité culturelle, de même que la libéralisation économique et le progrès technologique, devraient être à la base des discussions de politique entre les ministres du Réseau.

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Les limites des engagements internationaux existants

Le catalogue des instruments internationaux existants préparé pour le Réseau, bien que non exhaustif, examine une vaste gamme d'instruments multilatéraux, bilatéraux et régionaux et illustre l’éventail et le contexte de principes qui existent déjà au sujet de la culture et des produits culturels(14). L’analyse de ces principes montre que la communauté internationale, à travers diverses tribunes multilatérales, a déjà reconnu l'importance de certains aspects de la culture et de la diversité culturelle dans une foule d’accords, de déclarations et de plans d’action. Cependant, cette reconnaissance n’a pas encore abouti à une action concertée et les instruments existants ne traitent pas de l'ensemble des défis liés à la diversité culturelle auxquels les pays font face à travers le monde.

Le répertoire montre que les instruments internationaux relatifs à la culture existants peuvent être classés, en gros, en deux catégories : exécutoires (chartes, protocoles, conventions, accords commerciaux et traités) et ceux qui ne sont pas considérés comme exécutoires (déclarations, résolutions, plans d’action, recommandations, principes et lignes directrices). En dépit de cette classification, il faut noter que les instruments exécutoires ont souvent conservé un caractère déclaratoire et rarement prévu un dispositif d'exécution ou de règlement des différends(15). La plupart de ces intruments ne sont donc pas applicables à toute fin utile.

Le Groupe de travail s'inquiète du fait que cette approche pour l’établissement des normes internationales dans le domaine culturel s’avère insuffisante, dans le contexte actuel d’une mondialisation et d'une interconnection qui s’accélèrent, pour faire face aux nouveaux enjeux identifiés en relation avec la diversité culturelle(16). La principale question adressée au Groupe de travail était: quelle est la meilleure façon pour les ministres de la culture de s'attaquer aux lacunes dans les engagements internationaux actuels?

II : VERS UNE APPROCHE INTERNATIONALE CONCERTÉE

Un instrument comme réponse internationale en matière de politique culturelle?

À une époque où les frontières deviennent de plus en plus perméables aux idées, valeurs et marchés mondiaux, la communauté internationale cherche de nouvel les façons de soutenir et de promouvoir l'expression et la diversité culturelles tout en préservant l'accès à ce que le monde peut offrir de meilleur. Le Groupe de travail suggère que les ministres se concentrent sur la recherche d'une réponse mondiale réaliste, efficace et exécutoire qui traduise les possibilités, préoccupations et difficultés communes tout en tirant parti des engagement internationaux existants en matière de culture. C'est dans ce contexte qu'a émergé l'idée d'un instrument international sur la diversité culturelle.

Le niveau de compréhension de l'importance de la diversité culturelle varie d’un pays à l’autre. Pour développer un instrument international sur la diversité culturelle, les ministres et les gouvernements doivent encourager une discussion large qui puisse amener un consensus sur la portée et l’importance de la diversité culturelle comme élément fondamental du développement social et économique.

La première étape dans la recherche de ce consensus pourrait être l'identification, au niveau mondial, d'une vision, d'objectifs et de principes sur la diversité culturelle. Ceci pourrait servir de base pour le développement de tout instrument dont l'élaboration pourrait en fait constituer l'articulation de cette approche mondiale.

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Objectifs possibles d’un instrument sur la diversité culturelle

L’objectif de l’instrument devrait être d'articuler un consensus et de tracer les grandes lignes d'un engagement à maintenir et promouvoir la diversité culturelle comme élément essentiel de la prospérité, de la sécurité et de la participation des citoyens à la vie sociale, économique et culturelle des sociétés. Un instrument devrait reconnaître le rôle particulier des biens et services culturels dans les sociétés et devrait permettre aux États de maintenir les politiques vouées à la promotion de leur culture. Il devrait aussi reposer sur les droits fondamentaux des personnes tout en respectant les droits collectifs. Il devrait être exécutoire.

Principes de la diversité culturelle - un exemple de point de départ

Comme point de départ à la recherche d'un consensus sur les objectifs et les principes, le Groupe de travail a étudié, à titre d’exemple, une liste de dix principes tirés des instruments existants, liste basée sur le Catalogue des principes internationaux relatifs à la culture(17) et présentée ci- dessous.

  1. L'importance primordiale de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et plus précisément l’article 27 - « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. »
  2. La préservation du patrimoine culturel est un volet essentiel de l’identité et de la connaissance de soi qui rapproche la collectivité de son passé.
  3. L'art joue un rôle essentiel dans la vie et le développement de la personne et de la société. Les États doivent protéger, défendre et appuyer leurs artistes et la liberté artistique.
  4. La diversité linguistique et ethno-culturelle contribue au maintien et à la mise en valeur de la richesse et des traditions culturelles nationales et internationales et reflète un engagement à l’égard des valeurs communes et de la cohésion sociale.
  5. Les détenteurs de droits et les auteurs ont droit à la protection de leurs intérêts moraux et matériels en matière de création.
  6. "Les biens et services culturels doivent être pleinement reconnus et traités comme n'étant pas des marchandises comme les autres".(18)
  7. L’épanouissement social et culturel est un élément clé du développement de la personne et doit faire partie intégrante des solutions de développement durable.
  8. L'échange et la collaboration culturels sont nécessaires pour bâtir de plus vastes allégeances culturelles dans un contexte de mondialisation croissante et sont des outils importants pour bâtir la sécurité humaine.
  9. La diversité culturelle est fondée sur le concept d'ouverture aux différentes influences culturelles et de reconnaissance de l’importance de la production et de la distribution de contenu local.
  10. Les gouvernements doivent jouer un rôle de premier plan dans la préservation et la promotion de la diversité culturelle, et le respect de la diversité culturelle est un élément important de la bonne gouvernance.

Cette liste de principes, utilisée à titre d'exemple, peut ne pas suffire à répondre aux grands défis mondiaux de la diversité culturelle qui ont été identifiés. Plusieurs éléments essentiels pour le soutien de la diversité culturelle, comme des valeurs communes, le développement humain, la sécurité humaine et la gouvernance, doivent être mieux pris en compte à travers ces principes. Les lacunes dans les instruments et outils internationaux qui forment actuellement le "filet de protection" politique de la diversité culturelle doivent être prises en compte dans l'élaboration d'un instrument international.

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Développement de la notion d’instrument

Il y a un certain nombre de questions à prendre en considération pour un instrument international : une vision, des objectifs et des principes pour la diversité culturelle, la portée, les mesures permises et les mesures exclues, la relation du instrument avec les instruments déjà existants, le règlement des différends et les options quand au lieu et à l'approche pour la négociation de l'instrument. Un échéancier clair pour l'élaboration de l'instrument devrait aussi être développé.

Le développement d'une approche efficace et exécutoire exigera sans doute des efforts importants à moyen terme de la part des États, tant par des actions individuelles que collectives. Il sera donc important qu'à Santorini les ministres se penchent sur les défis nationaux et internationaux en matière de politique. Au niveau international, les ministres doivent discuter certains aspects de l'instrument et donner au Groupe de travail des indications sur les objectifs clés et la portée. Les ministres devront aussi considérer leurs propres politiques nationales.

III - PROCHAINES ÉTAPES EN APPUI À LA DIVERSITÉ CULTURELLE

Réponses nationales et internationales

Il est clair pour le Groupe de travail que des recherches additionelles substantielles sont nécessaires pour développer des réponses politiques efficaces aux vastes enjeux auxquels font face les États en matière de diversité culturelle.

Le Groupe de travail a identifié trois domaines où pourraient se concentrer ses activitées en 2000- 2001 avec l'accord des ministres:

  • Étudier les cadres nationaux actuels en matière de politique culturelle(19) pour identifier les autres types de stratégies, d'outils et de renforcement des institutions qui sont acceptables et nécessaires pour appuyer efficacement la diversité culturelle.
  • Identifier au sein des membres du Réseau comment la relation entre la sécurité humaine, la cohésion sociale et l'identité peuvent être mieux intégrées comme éléments essentiels de la gestion et du renforcement des capacités en matière de diversité culturelle.
  • Continuer l'élaboration d'un instrument sur la diversité culturelle en mettant l'accent sur le développement d'une vision, de principes et d'objectifs, de même que sur la structure et la portée de l'instrument.

Questions prioritaires pour les discussions ministérielles: vers une action internationale concertée

A partir des constatations et des considérations déjà présentées, le Groupe de travail a soulevé plusieurs questions liées au développement d'un instrument international qui pourraient guider les délibérations futures du Réseau et du Groupe de travail. Les ministres sont encouragés à se pencher sur ces questions à Santorini.

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Comment le Réseau peut-il raffermir le soutien international pour l’idée d’un instrument sur la diversité culturelle?

Le Réseau devrait garder la diversité culturelle sur son agenda thématique. Le Réseau international sur la politique culturelle est très bien placé pour développer des aspects de l'instrument qui permettront aux ministres de mieux comprendre ces enjeux quand ils s'impliqueront dans leur pays et sur d'autres tribunes. Bien qu'il ait été convenu de se concentrer sur les enjeux autour de la diversité culturelle et de la libéralisation économique et des nouvelles technologies, il est important que d'autres questions liées à la diversité culturelle et à la mondialisation soient considérées.

Quelles sont les étapes à franchir pour définir les objectifs communs et les principes d’un instrument international?

Susciter un consensus international sur les objectifs et les principes est une première étape importante dans la création d’un instrument international; c'est une question sur laquelle les ministres devront se pencher. Les principes de la diversité culturelle pourraient être énoncés de façon générale et précisés davantage dans certaines dispositions de l’instrument.

Les principes utilisés en exemple devraient être situés par rapport à d’autres valeurs essentielles de la diversité culturelle de façon à établir une liste complète. Un ensemble révisé et amélioré de principes, qui couvre les éléments essentiels de la notion de diversité culturelle, pourrait être développé par le Réseau et le Groupe de travail pour être ensuite partagé avec d'autres institutions internationales concernées. Les ministres devraient indiquer la direction à prendre pour raffiner et compléter les principes discutés par le Groupe de travail.

Quels éléments faut-il retenir et quel processus faut-il entamer pour définir la nature et la portée de l’instrument?

L'identification des lacunes entre les engagements internationaux existants et les éléments essentiels à la promotion efficace de la diversité culturelle est une étape critique pour définir la portée d'un instrument. Cela pourrait inclure une vaste gamme d'enjeux, de la libéralisation économique à la technologie et aux langues. Quant à la nature et à la portée de l'instrument, divers modèles sont envisageables et pourraient être élaborés pour soumission aux ministres. L'instrument devrait être exécutoire quant au respect des obligations des parties. Le processus de définition d'un instrument implique d'étendre le consensus à d'autres institutions internationales, au secteur privé et à la société civile. La structure et la portée d'un instrument devrait constituer le prochain rapport du Groupe de travail aux ministres, au plus tard pour la prochaine rencontre en Suisse en 2001.

De qui l’instrument devrait-il relever?

Il est trop tôt pour se demander de quelle organisation un instrument relèverait et comment il s'articulerait aux autres accords internationaux. Cela dépendra dans une large mesure de la nature de l’éventuel instrument. Cette question devra être considérée une fois que la nature et la portée de l'instrument seront plus clairement définies.

Autres questions pour les discussions ministérielles - action au plan des politiques nationales

Des questions additionnelles ont émergé des discussions du Groupe de travail au sujet de la réforme des politiques culturelles nationales et de la gestion de la diversité culturelle. Ces questions devraient aussi influencer le travail du Réseau et les activitées du Groupe de travail, et il serait important d'obtenir les vues des ministres à ce sujet à Santorini.

Quelles mesures les gouvernements peuvent-ils prendre au niveau national, dans le cadre de leur politique culturelle, pour s’engager à l’égard de la diversité culturelle?

La diversité culturelle est souvent située par rapport à la libéralisation économique, mais elle englobe également les relations entre les différents groupes culturels qui habitent dans le même espace géographique ou politique. Par conséquent, les gouvernements doivent relever le défi de susciter et de maintenir un climat d’ouverture et de mettre en place les conditions propices à l’épanouissement des différents groupes. Cela peut se faire de diverses façons. Par exemple, la diversité peut être encouragée par une intervention politique accordant un statut politique ou légal particulier, ou encore provenir de l’intégration de nouveaux immigrants qui mette l’accent sur le dialogue interculturel. Quelle que soit l’approche retenue, il est clair que le dialogue, la compréhension mutuelle et l’établissement de certaines valeurs communes doivent constituer le fondement d’une politique culturelle efficace(20).

Dans le contexte de la mondialisation, quel outil de politique culturelle nationale faut-il améliorer pour maintenir et promouvoir la diversité d’expression à l’intérieur des États?

On craint de plus en plus que, face à la mondialisation économique et aux changements technologiques qui l'accompagnent, les outils qui soutiennent actuellement les objectifs de la politique culturelle à l’intérieur des États soient de moins en moins efficaces. Il faut se demander comment les nouvelles technologies peuvent servir à promouvoir et augmenter la diversité culturelle nationale et internationale. Le Groupe de travail a aussi identifié les droits d’auteur, les droits de propriété intellectuelle et la concurrence comme des domaines de politique où les enjeux sont importants et devront être abordés.

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(1) Préparé pour le Groupe de travail par Vladimir Skok, Président (Canada), Paule Iapinni (France), Marios Kostakis (Grèce), Carol Steinberg (Afrique du Sud) et Bernard Wicht (la Suisse), avec la collaboration du Bureau de liaison du Réseau.

(2) Les experts du Réseau qui ont participé aux réunions du Groupe de travail jusqu’à maintenant incluent : Barbade, Canada, France, Grèce, Hongrie, Côte d’Ivoire, Mexique, Norvège, Fédération russe, Sénégal, Slovaquie, Afrique du Sud, Suède et Suisse, avec des experts de l’UNESCO, de la Banque mondiale, la Commission européenne, ERICarts institut du rechèrche ainsi que du Bureau de liaison du Réseau. Le Groupe de travail a rendu compte de ses activités sur le site Web du Bureau de liaison du Réseau et les répresentants du Groupe de travail ont informé le Groupe de contact des ministres qui s’est réuni à Athènes en mai 2000. Il a alors été confirmé que le Groupe de travail communiquerait ses constatations et ses conseils pour appuyer les discussions à la troisième réunion ministérielle du Réseau à Santorini (Grèce), en septembre 2000.

(3) Baeker, Greg, Inventaire des enjeux et possibilités pour la diversité culturelle, mai 2000. Analyse des réponses à une enquête du Groupe de travail: Canada, Croatie, Grèce, Guyana, Islande, Norvège, Sainte-Lucie, Sénégal, Afrique du Sud, Suède et Suisse.

(4) Bernier, Ivan, Catalogue des principes internationaux relatifs à la culture, juin 2000.

(5)é Wicht, Bernard, Gestion de la diversité culturelle, juin 2000.

(6) Bureau de liaison, Liste des instruments internationaux qui font référence à la culture, juin 2000.

(7) Ibid, Activités internationales récentes sur la diversité culturelle: ébauche pour considération, mai 2000.

(8) Wicht, Bernard, Gestion de la diversité culturelle, juin 2000, page 3.

(9) Baeker, Greg, Inventaire des enjeux et possibilités pour la diversité culturelle, mai 2000, page 4.

(10) Baeker, Greg, Inventaire des enjeux et possibilités pour la diversité culturelle, mai 2000, page 10.

(11) Wicht, Bernard, Gestion de la divesité culturelle, juin 2000, page 1.

(12) Ibid, page 1.

(13) Baeker, Greg, Inventaire des enjeux et possibilités pour la diversité culturelle, juin 2000, page 5.

(14) Bernier, Yvan, Catalogue des principes internationaux relatifs à la culture, juin 2000, page 1.

(15) Ibid, page 70.

(16) Bernier, Yvan, Catalogue des principes internationaux relatifs à la culture, page 70.

(17) Bernier, Yvan, Catalogue des principes internationaux relatifs à la culture, juin 2000.

(18) Plan d’action de Stockholm, 1998, Objectif 3.

(19) Le Groupe de travail a pris note de l'initiative du Conseil de l'Europe qui a développé, avec l'aide de l'institut de recherche ERICarts (Bonn, Allemagne), un compendium comparant les cadres de politique culturelle.

(20) Wicht, Bernard, Gestion de la diversité culturelle, juin 2000, page 4.

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